Une course-poursuite fatale à la BAC

WILLIAM MOLINIé

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Le véhicule de la BAC N75 a été pulvérisé par le chauffard qui roulait à 150 km/h.
Le véhicule de la BAC N75 a été pulvérisé par le chauffard qui roulait à 150 km/h. — A. GELEBART / 20 MINUTES

La violence du choc a été telle que le coffre de la voiture a été pulvérisé. Deux policiers de la BAC de nuit parisienne de 32 et 40 ans sont décédés, jeudi matin, sur le périphérique intérieur entre la porte de Clignancourt et celle de La Chapelle, alors qu'ils tentaient d'arrêter un 4 x 4 qui commettait des infractions. Un troisième policier était toujours jeudi soir entre la vie et la mort.

«Homicide volontaire»


C'est au niveau de la porte Maillot qu'une patrouille signale vers 5 h 40 un véhicule de location au « comportement douteux ». Les fuyards, qui parviennent à semer les policiers, s'engagent à 150 km/h sur le périphérique. Mais une patrouille de la BAC N75, qui avait entendu la description du véhicule sur les ondes, se positionne sur l'itinéraire de fuite du véhicule pour tenter de l'intercepter. Les policiers, roulant à faible allure, sont alors violemment percutés par l'arrière. « Aucune trace de freinage n'a été décelée sur les lieux », a indiqué jeudi soir François Molins, le procureur de la République, qui a estimé que le véhicule avait « délibérément percuté » les policiers. Une information judiciaire a été ouverte pour « homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique ». Interpellé, le chauffard de 22 ans était en état d'ébriété. Il a déjà été condamné six fois pour des délits routiers. Le passager, ivre lui aussi, n'est pas connu de la police. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a indiqué que la « justice [devait] être implacable », « sévère » et « impitoyable ». De leur côté, les syndicats ont fait part de leur « tristesse ». « Colère » aussi, en apprenant que le chauffard était un « récidiviste ». Des sources syndicales pointaient du doigt la « vétusté » du parc automobile, indiquant que la voiture accidentée approchait les 150 000 km au compteur. « Oui, il y a un problème de renouvellement du matériel. Mais vu le choc, une voiture neuve n'aurait rien changé. Les individus étaient très déterminés», regrette Luc Poignant, du syndicat du syndicat de police Unité SGP Police-FO.