A Cachan, les cas de varicelle varient

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Une bataille sanitaire s'amorce entre les ex-squatteurs de Cachan et la préfecture. Deux cas de varicelle ont été diagnostiqués vendredi par les services de la protection maternelle et infantile chez des enfants hébergés depuis le 18 août au gymnase. La préfecture du Val-de-Marne a donc proposé d'accueillir les femmes enceintes et les mères d'enfants en bas âge dans un centre d'hébergement de Créteil, pour éviter qu'elles ne soient contaminées. Mais selon Pierre Derrouch, directeur de cabinet de la préfecture, « depuis vendredi, les quatorze personnes à risques et les enfants malades se sont évanouis dans la nature ».

Hier au gymnase, il était de fait impossible de voir les enfants atteints de varicelle. « Ils sont partis se reposer ce week-end chez des amis », a expliqué Safie Ba, la déléguée des femmes. En fait, les ex-squatteurs craignent que les autorités invoquent ces maladies pour les faire évacuer. « Ils cherchent n'importe quel prétexte pour se débarrasser de nous », s'insurge l'un d'eux. « Mais ici, personne n'est malade, martèle sa voisine. Il n'y a que des rhumes ou des gastro-entérites. Et on les soigne sans problème. » Chacun peut en effet se procurer gratuitement certains médicaments sans prescription près du stand où sont entreposées les provisions. Et côté hygiène, la situation ne semble pas avoir dégénéré outre mesure après un mois d'occupation.

« On ne cherche pas à stigmatiser ces gens du point de vue de leur santé, mais s'ils sont malades, ils doivent être soignés », assure la préfecture, qui nie se servir de la situation sanitaire comme d'un moyen de pression et dit « redouter une épidémie de varicelle ».

Laure de Charette

Une occupante du gymnase atteinte de tuberculose est hospitalisée depuis le 7 septembre. Un dépistage doit commencer demain, pour s'assurer qu'il n'y a pas d'autre cas.