Braquage au Printemps : «Les employés ne se sont aperçus de rien»

William Molinié

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Le Printemps, grand magasin du boulevard Haussmann, à Paris.
Le Printemps, grand magasin du boulevard Haussmann, à Paris. — © A. GELEBART / 20 MINUTES

Au lendemain du discret braquage dans une bijouterie du Printemps, boulevard Haussmann à Paris (9e), les vigiles redoublaient d’attention, ce mercredi, à l’entrée du grand magasin. Les sacs étaient fouillés et les stands du premier étage – montres et joaillerie – surveillés de près. Le personnel était tenu de ne pas répondre aux questions des journalistes. La direction, de son côté, ne faisait «aucun commentaire».

Le braquage, dont le préjudice est évalué entre 2 et 3 millions d’euros, pose pourtant une question embarrassante. Comment deux individus ont pu s’emparer de bijoux du stand du diamantaire sud-africain De Beers avec autant de facilité, dans un lieu aussi fréquenté et surveillé ? Vraisemblablement, ils ont profité d’une heure de grande affluence (18h45) pour mettre à mal le dispositif de sécurité de la célèbre enseigne, se rapprocher de la vendeuse et la forcer à ouvrir deux vitrines, dans un silence et une discrétion étonnantes. «Des employés de stands voisins, situés à quinze mètres, ne se sont aperçus de rien. Les braqueurs n’étaient pas masqués et semblaient avoir l’allure de gens normaux», raconte un salarié.

«Moyens supplémentaires» ?

A priori, une erreur humaine dans le processus de sécurité peut être écartée. «Le personnel est formé à ne pas résister. Le mot d’ordre qui a encore été rappelé est de ne pas jouer les héros», explique Bernard Demarcq, délégué syndical CGT-cadres au Printemps, indiquant qu’une cellule psychologique a été ouverte par la médecine du travail «pour les employés qui en auraient besoin».

Un renforcement de la sécurité autour et dans le magasin n’est pas officiellement à l’ordre du jour. Il n’y a pas de «problème de sécurité», répète la direction. Mais, selon nos informations, les responsables du site envisageraient de demander «des moyens supplémentaires de protection» à la préfecture de police (PP). Le plan anti hold-up, qui avait été mis en place pendant la période des soldes, a été levé le 15 janvier. «Attention, il faut que la surveillance soit la plus discrète possible pour éviter des risques de dérapage en cas de braquage. C’est un lieu public, on n’est jamais à l’abri d’une réaction démesurée», prévient le syndicaliste.

L’enquête, menée par la brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire parisienne, a commencé. Les enquêteurs peuvent s’appuyer sur les caméras de vidéosurveillance du magasin. «Il semble que les braqueurs avaient repéré les lieux et s’étaient préparés. Voire même qu'ils pouvaient avoir une ou plusieurs complicités au sein du magasin», estime une source policière. Une thèse renforcée par le fait que les deux individus se soient enfuis par un escalier de service, habituellement réservé aux employés.