Délinquance, la situation se dégrade

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Après la lettre du préfet de Seine-Saint-Denis au ministre de l'Intérieur, une violente agression de CRS mardi soir à Corbeil-Essonnes (91) est venue mettre en lumière hier une nouvelle augmentation de la délinquance en Ile-de-France. Depuis les émeutes de l'automne 2005, la situation s'est encore dégradée. Dans plusieurs départements, les chiffres repartent à la hausse, parfois spectaculairement.

La lettre du préfet de Seine-Saint-Denis à Nicolas Sarkozy révèle notamment une hausse de 14,11 % des violences contre les personnes. Le ministère de l'Intérieur n'a voulu retenir de ce courrier que la charge menée contre le tribunal de Bobigny et son supposé laxisme. Il a encore déploré hier la « démission de la justice », ce que les magistrats de Bobigny contestent, reprochant au ministre de « vouloir masquer son bilan sécuritaire à quelques mois de la présidentielle ». Car dans sa lettre, le préfet ne se limite pas, loin s'en faut, au fonctionnement pénal. Pour François Hollande, ce courrier constituerait même le « pire des réquisitoires » contre Sarkozy. Le préfet se plaint, entre autres, d'« une diminution des effectifs de police ». Et l'annonce, faite hier par le ministre, de renforts à venir (300 policiers) ne suffira peut-être pas à éteindre la polémique : les maires et les policiers du 93 estiment qu'en l'état actuel des forces de police, il est impossible d' « assurer la sécurité des citoyens ».

Mais le malaise va au-delà de la Seine-Saint-Denis. Mardi soir, deux CRS ont été sérieusement blessés alors qu'ils patrouillaient dans la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes (91). Une agression « manifestement préméditée », selon le préfet du département. Vers 22 h, après avoir reçu des projectiles sur leurs véhicules, un des CRS, sorti de sa voiture, a été assailli par une vingtaine d'individus cachés dans des bosquets. Le conducteur s'est alors précipité pour lui porter secours. « Les deux CRS ont été roués de coups au visage et sur tout le corps », selon la préfecture. En réponse, Nicolas Sarkozy a assuré : « Nous ne lésinerons pas sur les moyens pour retrouver les auteurs. On ira les chercher un par un. » Des empreintes digitales auraient déjà été trouvées. Le Premier ministre Dominique de Villepin a, lui, promis des « réponses techniques appropriées », pour mieux anticiper les risques rencontrés par les policiers. Mais pour Julien Dray, député PS de l'Essonne, « un sentiment d'impunité s'est instauré dans les cités depuis novembre 2005 ».

M. H.

Un des deux CRS agressés, le chef de bord, a subi un traumatisme crânien et facial important, des contusions aux membres et deux dents cassées. Il a subi une intervention chirurgicale à l'hôpital la Pitié-Salpêtrière de Paris.