Après les autocars, l’autosatisfaction

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Des affiches, placardées dans les boutiques, évoquent un « événement historique ». Une fête est même organisée pour l’occasion, demain. Soit le jour béni où « les autocars ne circuleront plus sur les îles ». « Nous l’avons rêvé, c’est fait », indique encore le document du conseil de quartier des îles Saint-Louis et de la Cité. La mairie de Paris, la préfecture de police et le port autonome de Paris mettent en place à partir de samedi une desserte de l’île de la Cité par navettes fluviales. Dès lors, les autocars de tourisme seront interdits dans les îles jumelles. Leur passage ne sera autorisé que sur les grands axes traversants comme le boulevard Henri-IV. Si le gérant du café Esmeralda redoute de « perdre du travail », les riverains ne cachent pas leur joie. « C’était la chose la plus invivable dans notre quartier, une forme d’envahissement, de pollution et de bruit », explique Madeleine Houbart, présidente du conseil de quartier. Claudine Gompel a tellement attendu cette mesure qu’elle craint à présent qu’elle « ne soit pas respectée. » Cette retraitée et son mari habitent quai aux Fleurs depuis cinquante ans. Sous leurs fenêtres, 400 autocars défilent chaque jour, rien qu’entre 9 heures et 13 heures, de Pâques à la Toussaint, selon une étude rapportée par le conseil de quartier. Demain, Claudine accompagnera ses petits-enfants au bal qui se tiendra à 18 heures sur le pont Saint-Louis. Surtout, « je vais ouvrir mes fenêtres en grand », se réjouit-elle. Virginie Cuisinier

lutte L’association pour la défense de Notre-Dame réclame depuis des années cette décision. Elle a déjà obtenu l’interdiction du stationnement des autocars sur certaines voies à proximité du monument.