La Cité des sciences, bonne élève de l'aide aux handicapés

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Yves, malvoyant, n'approuve pas l'emplacement de certains panneaux. Pascal, handicapé moteur, trouve la porte d'entrée trop étroite. Tandis que Jacqueline, malentendante, déplore le manque de sous-titres. Mais malgré ces quelques détails, tous s'accordent à dire que la Cité des sciences et de l'industrie à la Villette (19e) mérite bien son label « Tourisme et Handicap », qui lui a été décerné pour la seconde fois, hier. « Il y a encore quelques ajustements à faire, mais ce musée est bien plus au point que les autres en matière d'accessibilité », assure Carole, une malvoyante de 25 ans. Elle s'aventure même parfois seule dans les allées. « Mais la première fois, c'est impossible. Le musée est trop grand, on s'y perd. »

Jean-François Hebert, président de la Cité, avoue que « le site qui a vingt ans, a été pensé pour le handicap dès sa construction ». Une longueur d'avance qu'il a toutefois fallu entretenir. Des bandes jaunes et podotactiles (perceptibles au toucher) ont été apposées un peu partout, des inscriptions en braille jalonnent les parcours, les escaliers ont été protégés et des maquettes des objets présentés sont mises à disposition des malvoyants, qui peuvent ainsi les toucher et se faire une idée plus précise des expos. Mais parfois, les organisateurs se heurtent aux exigences des scénographes, « sur l'emplacement des panneaux, par exemple. Les artistes ont peur qu'ils défigurent leur oeuvre », confie Jean-Pierre Ferragu, chargé de l'accessibilité. La Cité devrait lancer une poignée de nouveaux chantiers, comme équiper les ascenseurs d'alarmes visuelles ou amener un rail de guidage podotactile jusqu'au métro.

Magali Gruet