Guillaume Pépy : «Il s'agira de rames zéro panne»

©2006 20 minutes

— 

Guillaume Pépy, directeur général exécutif de la SNCF.

Vous vous félicitez d'avoir rénové les grandes gares de la région depuis la création du Transilien. Changer le matériel roulant n'était-il pas plus urgent ?

Rénover une gare est plus visible : cela prend six mois ou un an. Le matériel, il faut le fabriquer. Mais ce chantier avance aussi : aujourd'hui 40 % des trains sont neufs ou rénovés, contre moins de 10 % au début du Transilien. Il y a eu un retard considérable pris par la génération précédente, que nous sommes en train de combler.

Mais 60 % des trains ne sont ni neufs ni rénovés. Quelle est la suite du programme ?

Le vrai changement va intervenir le 25 octobre, avec le lancement de la commande du matériel neuf.

Quelles sont les caractéristiques de ce matériel ?

Il s'agira de rames « zéro panne » : même lorsqu'elles seront en panne, elles pourront rouler grâce à un système de redondances, et permettre ainsi aux voyageurs de débarquer sur les quais. L'objectif est qu'il n'y ait plus de panne au milieu des voies. Deuxième caractéristique : le confort. Il faut abandonner les espaces type années 1960 et 1980, qui font un peu boîtes à savon, pour arriver à des espaces plus contemporain, en termes de couleur, de lumière, de largeur de couloir...

En attendant se pose toujours le problème de la régularité des trains. La situation s'améliore-t-elle sur ce dossier ?

La régularité à fin août est de 92,2 % des trains contre 91,6 % l'année dernière. On progresse, mais l'objectif est de gagner encore un point.

N'est-ce pas un peu facile de donner des chiffres du mois d'août, durant lequel il y a moins de circulation ?

Bien sûr, c'est plus facile. Je ne suis pas là pour dire que tout est gagné. Mais ça progresse, et de manière continue.

Durant les vacances, beaucoup de banlieusards se sont plaints des trains surchargés, en raison des horaires d'été. Sont-ils encore adaptés au mode de vie estival des Franciliens ?

C'est vrai que l'Ile-de-France ne se vide plus durant l'été, les quinze premiers jours de juillet restent particulièrement chargés. C'est à nous de faire des propositions au Stif et à la région de décider.

Où en est la vidéosurveillance dans les gares et les trains ?

Les 131 gares les plus importantes – sur 387 au total – en sont équipées. Un nouveau programme de 125 gares a fait l'objet d'un financement par la région et le Stif.

Il y a débat sur l'efficacité de la vidéosurveillance. Quelle est votre position ?

Je n'ai pas d'état d'âme sur ce dossier. La vidéosurveillance est une parade contre l'insécurité et nos usagers se sentent beaucoup plus rassurés quand elle est présente. Il y a de plus en plus de demandes pour en installer dans les rames. Elle équipera nos nouveaux trains. Les voitures NAT seront pourvues d'un grand nombre de caméras, qui filmeront sous divers angles, et enregistreront les images sur DVD.

Propos recueillis par Mickaël Bosredon