La rénovation des rames nécessite un coup d'accélérateur

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La livraison de la dernière commande de matériel roulant de la SNCF en Ile-de-France remonte à 2003. « Vu l'état du parc, ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas constamment du matériel en commande », dénonce Marc Pélissier, secrétaire général de l'AUT (Association des usagers du transport). La polémique qui a entouré le transfert du Stif de l'Etat à la région « a fait perdre presque trois ans à cette nouvelle commande » ,déplore pour sa part Roger Karoutchi, leader de l'UMP au conseil régional d'Ile-de-France. Selon les chiffres de l'AUT, 14 % du matériel de la SNCF en Ile-de-France date de plus de 35 ans, 49 % a entre 20 et 35 ans, et 37 % a moins de 20 ans. Mais la SNCF s'empresse d'ajouter que « le matériel livré entre 1980 et 2003 a fait l'objet de rénovation. Leur performance répond encore tout à fait aux exigences d'aujourd'hui. » Roger Karoutchi espère d'ailleurs que « la commande de NAT ne va pas entraîner l'arrêt de toute opération de rénovation ces prochaines années ». C'est précisément l'objet des négociations entre le Stif et la SNCF actuellement. Et elles ne s'arrêteront pas là. Une deuxième commande de NAT, estimée à 1,5 milliard d'euros et jusqu'ici optionnelle, a finalement été abandonnée par le Stif. Mais l'autorité organisatrice planche déjà sur une nouvelle commande : le remplacement du matériel sur les lignes B et D du RER. « On tournerait aussi aux alentours des deux milliards d'euros », dit-on à la région. Un montant similaire pourrait encore être engagé dans la rénovation des gares.

Un sérieux coup d'accélérateur serait ainsi donné aux investissements ces prochaines années. Pour Roger Karoutchi, il était plus que temps : « Nos trains de banlieue sont très loin de la qualité des TER de province. Pour la simple raison que la SNCF a longtemps privilégié le TGV et le TER, car les régions finançaient le matériel, ce qui n'était pas le cas en Ile-de-France. » Jean Brafman, conseiller régional communiste, n'a pas tout à fait la même analyse : « L'état du matériel est le résultat du retard pris par les anciens gestionnaires du Stif », c'est-à-dire l'Etat. L'élu PC, qui réclame des mesures « explosives », estime toutefois qu'on est « encore loin du compte : il faudrait investir 5 milliards sur le matériel, et 20 milliards sur les infrastructures ».

Mickaël Bosredon