François Dagnaud: «Il faut être dans la peau d'un challenger»

INTERVIEW Le socialiste remplace ce lundi Roger Madec, maire du 19e depuis dix-sept ans...

Propos recueillis par Jérôme Comin

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François Dagnaud, futur maire du 19eme arrondissement de Paris, le 31 janvier 2012.
François Dagnaud, futur maire du 19eme arrondissement de Paris, le 31 janvier 2012. — A. GELEBART / 20 MINUTES

En attendant les municipales de 2014, qu'il espère remporter, François Dagnaud (PS) devient le maire du 19e arrondissement à la place de Roger Madec qui a quitté ce poste le mois dernier.

 

Comment abordez-vous cette nouvelle fonction?

 

C'est une responsabilité importante car le 19e est une terre de vie tournée vers l'avenir avec de grands projets au programme, même s'il reste l'arrondissement le plus populaire de Paris. Certes, il y a un problème de drogue avec le retour du crack à Stalingrad par exemple, mais nous menons une véritable guerre contre ce phénomène. Et s'il y a aussi de fortes revendications identitaires, on y trouve malgré tout une belle mixité sociale. La meilleure preuve que cette société métissée vit bien ensemble est que le FN a toujours fait de mauvais résultats dans le 19e.

 

Avez-vous compris la décision de Roger Madec de quitter son poste de maire?

 

Je respecte son choix d'autant plus que cela prouve qu'un grand élu comme lui, qui a laissé son empreinte dans cet arrondissement, n'est pas installé dans son fauteuil. Il a su laisser la place à une nouvelle génération et nous pouvons ainsi anticiper au mieux ce renouvellement de la vie politique.

 

Vous vous retrouvez à la tête de la mairie du 19e avant d'être candidat en 2014. Estimez-vous que cela facilitera votre élection?

 

Avant de remplacer Roger Madec, j'ai longtemps été son adjoint ce qui m'apporte une vraie légitimité, car les gens savent que je me suis donné à fond pour cet arrondissement. Je sais que le 19e a la réputation d'être acquis pour la gauche. Mais ce n'est pas mon état d'esprit, car lorsque l'on part en campagne, il faut toujours être la peau d'un challenger. Et puis, j'ai connu cette époque à la fin des années 1980 où le RPR réussissait le grand chelem dans la capitale. Comme quoi, tout peut changer…

 

Justement, craignez-vous une percée de la droite à lors de ces municipales?

 

L'UMP sent qu'elle a une possibilité de faire son retour dans la capitale. Mais le problème de la droite est qu'elle pense qu'elle a un déficit de leadership, alors qu'elle a juste perdu contact avec les Parisiens.