De la friture sur la ligne

Lucie Romano

— 

V. WARTNER / 20 MINUTES

AParis, le bain d'ondes électromagnétiques se densifie. Cette semaine, Orange et SFR ont inauguré leurs réseaux 4G, respectivement dans les quartiers de l'Opéra et de la Défense. Ils seront progressivement généralisés cette année. Ce jeudi, les députés examinent, pour la première fois, une proposition de loi visant à instaurer un principe de précaution limitant les risques sanitaires liés aux technologies sans fil. Une loi vidée de son contenu par le gouvernement avant son examen selon Laurence Abeille, députée écologiste du Val-de-Marne. Elle à l'origine de cette proposition, qui espère qu'«au moins la loi protégera les plus jeunes des ondes».

Vide juridique


Comment sont encadrées les ondes dans la capitale ? Les opérateurs et la Ville de Paris ont signé une charte en octobre, abaissant les seuils d'exposition à une limite indépassable de 7 volts/m pour la 4G. Bien en deçà du seuil de 41 V/m fixé par la loi. Mais bien au-delà des 0, 6 V/m préconisés par les associations. «Face au vide juridique, Paris a pris des mesures. C'est la ville la plus contraignante de France. La charte commence à entrer en application. On a une avalanche de demandes de modifications d'antennes par les opérateurs : 600 d'ici à la fin février pour SFR et Orange, et une cinquantaine, à ce jour, pour l'implantation du réseau de Free», explique Mao Peninou, en charge de cette question à la Ville. «On le déplore, rétorque Etienne Cendrier, porte-parole de Robin des Toits, association pourfendeuse d'antennes-relais. Depuis 2009, on réclame une étude sanitaire pour ne pas faire de la population un cobaye.» Robin des Toits vient de suspendre sa participation aux travaux du Copic, un comité d'expérimentation mis en place dans le cadre du Grenelle des ondes. A travers une simulation dans le 14e, le comité a prouvé qu'en abaissant les seuils à 0, 6 V/m et en multipliant par trois le nombre d'antennes dans la capitale, on pouvait atteindre une bonne connexion. Des travaux qu'Etienne Cendrier craint de ne pas voir repris par la ministre de l'Ecologie dans un projet de loi probablement présenté en juin. En attendant, Mao Peninou plaide pour «une mutualisation des antennes par les opérateurs pour aller vers un réseau unique».

■ cartographier les ondes

En Ile-de-France, un observatoire, Ondesparif, va voir le jour sur le modèle d'Airparif et de Bruitparif. Il doit fournir une cartographie des ondes via des mesures et des outils de simulation. Les premières expérimentations à Paris et en Seine-Saint-Denis auront lieu à partir de juin.