Manifestation historique des salariés d'Eurodisney

©2006 20 minutes

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Disney, un monde féerique ? Peut-être pour ses visiteurs, mais pas pour ses salariés. Hier, environ 600 d'entre eux ont lancé une contre-parade à travers les allées du parc. « Une première depuis sa création en 1992 », s'exclame Pierre Brossard, délégué CFDT. Une intersyndicale s'est créée (CFDT-CGT-CFTC-FO-Unsa-Sipe) et, au troisième jour d'une grève lancée par le département maintenance, le mouvement continue de s'amplifier. Tous les départements sont représentés, avec un seul mot d'ordre : le pouvoir d'achat.

En décembre, la colère est montée lorsque la direction a refusé la prime de 100 e versée ces dernières années. Un mois plus tard, les cadres recevaient leur bonus. « Oui, mais c'est prévu dans leur contrat, alors que la prime dépend des résultats financiers », se défend la direction, qui affirme avoir connu des pertes de 96 millions d'euros en 2005. Les « Disneys » enragent de voir leurs salaires bloqués en bas des montagnes russes : « Je suis là depuis l'ouverture, en 1992, dit Olivier, qui vit dans une cité à Meaux. Je gagnais 950 e brut. Aujourd'hui 1 160 e. Alors que le coût de la vie n'a cessé d'augmenter. » Le défilé chante « Mickey y va raquer » mais pour l'instant, il fait plutôt la sourde oreille. Les 200 e brut mensuels réclamés pour chaque salarié sont jugés « irréalistes ». Tout comme le doublement de la prime de nuit et la création d'une prime pour le dimanche. « Depuis 1992, je n'ai pas eu un seul week-end, explique Aziz. On n'en peut plus. »

Des attractions ont été bloquées, des tickets gratuits offerts – plusieurs milliers de visiteurs sont entrés sans payer. « Et on tiendra jusqu'au bout », promettent les manifestants.

M. H.