Henri-IV s'ouvre aux élèves défavorisés

©2006 20 minutes

— 

 
  — no credit

Assis sagement, répondant tant bien que mal aux questions du ministre de l'Education qu'ils tentent d'apercevoir entre les caméras, les élèves de la classe préparatoire aux études supérieures (CPES) du lycée Henri-IV (5e) ont « la pression ». Dans un sourire un peu crispé, Sergon, qui vient de Gonesse (Val-d'Oise) et vise une école de commerce, lâche : « On n'a pas intérêt à se louper. »

Ces trente bacheliers – vingt-deux filles, huit garçons – issus de milieux défavorisés sont censés incarner « l'égalité des chances » chère à Dominique de Villepin. Originaires de toute la France, ils ont été sélectionnés pour une remise à niveau, sorte de prépa à la prépa, qui devrait leur permettre d'apprendre les « connivences culturelles » sans lesquelles, selon l'entourage du ministre, on ne peut accéder aux grandes écoles. Dans les années 1950, 29 % des élèves de ces écoles étaient issus de milieux populaires. Dans les années 1990, ils n'étaient plus que 9 %.

Outre le dossier scolaire et la « gnaque », le critère de sélection absolu a donc été le fait d'être boursier. « Certains ne savaient même pas ce qu'était une prépa », dit-on au ministère. En réalité, la plupart s'y étaient inscrits, mais dans des établissements beaucoup moins prestigieux que le très select lycée Henri-IV.

Grâce à la CPES, ces étudiants bénéficieront aussi d'un logement à la Cité universitaire, d'une bourse, d'un tutorat et d'un joli programme culturel (musées, opéra, théâtre...). En cas de réussite, l'expérimentation pourrait être étendue. « L'objectif est qu'un tiers des élèves de prépas soient des boursiers », a expliqué Gilles de Robien.

Michaël Hajdenberg