Bataille d'idées à Cachan

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Un flot de manifestants s'est déversé samedi dans les rues de Paris, en soutien aux ex-squatteurs de Cachan (Val-de-Marne). Quelque 15 000 personnes selon les organisateurs, 3 500 selon la police, avaient fait le déplacement pour demander « des mesures d'apaisement pour sortir de l'impasse », selon les termes de Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au logement (DAL).

Mais toutes les parties n'ont pas les mêmes solutions en tête. Jean-Yves Le Bouillonnec, le maire (PS) de Cachan, qui a hébergé les expulsés dans son gymnase et demandait à l'Etat un logement durable et la régularisation pour tous, a revu sa copie. Il « propose désormais aux familles, individuellement, d'aller à l'hôtel. Il l'a fait à trois reprises, c'est de l'acharnement », estime Jean- Baptiste Eyraud. Si le maire de Cachan commence à lâcher prise, son homologue (DVG) de Limeil-Brévannes, Joseph Rossignol, assure la relève. L'élu a pris un arrêté de réquisition en fin de semaine qui vise des bâtiments désaffectés de sa commune appartenant à l'Etat et à la Ville de Paris, et réclame d'y installer les squatteurs. Le préfet du Val-de-Marne, qui souhaite voir les familles partir à l'hôtel, a attaqué cet arrêté en référé. La Ville de Paris assure de son côté que l'affectation de ces bâtiments « acquis pour le compte de la préfecture de police pour y abriter, d'ici à 2012, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris » n'est pas de son ressort. Elle demande à l'Etat d'envisager une « utilisation temporaire » par les squatteurs. L'audience est prévue ce matin.

Magali Gruet