La police espère toujours retrouver Estelle Mouzin

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Rien. « On n'a aucun élément », soupire le commandant de police Stéphanie Duchatel, chef de groupe criminel à la police judiciaire de Versailles (Yvelines). Dix ans après la disparition d'Estelle Mouzin, le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne), les policiers ont relancé un nouveau numéro vert*, le troisième depuis le début de cette affaire. La fillette de 9 ans a disparu entre son école et son domicile, ne laissant aucune trace derrière elle. Aucun témoin. En une décennie, des dizaines de milliers de procès-verbaux ont été dressées, environ 150 personnes ont été placées en garde à vue. Les policiers n'ont cessé de tirer toutes les ficelles et d'explorer les éventuelles pistes pouvant amener au kidnappeur. « C'est une grande leçon d'humilité », reconnaît Philippe Bugeaud, directeur de la PJ de Versailles. Des auditions sont toujours régulièrement menées. Les policiers ont constitué un gigantesque fichier où toutes les communications passées le jour de la disparition en France depuis un mobile sont recensées. Ce qui leur permet de vérifier les emplois du temps d'éventuels suspects. « On reçoit toujours des lettres de dénonciation », poursuit Philippe Bugeaud. Il précise qu'elles « sont systématiquement vérifiées », même les plus loufoques. « Qui nous dit que ce n'est pas un accident ? Une personne qui l'a renversée, puis qui s'est débarrassée du corps 50 km plus loin ? ». ■ William Molinié