«À plat ventre et menotté»

énora Ollivier

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«Ce qui est ahurissant, c'est qu'en quelques secondes, vous passez de simple vacancier à malfaiteur.» Dix jours après les faits, Alain Corneloup parle encore avec véhémence de la mésaventure qu'il a vécue le 28 décembre à l'aéroport de Roissy-CDG. L'homme, âgé de 73 ans, dit avoir été sorti sans ménagement de l'avion qui devait l'emmener en vacances au Bénin avec son épouse.

Probablement une côte fêlée


Installé au dernier rang de l'appareil, le couple a vu entrer, avant le décollage, «quatre policiers accompagnant une femme d'une trentaine d'années, entravée, qui hurlait». «Des passagers ont protesté», raconte le septuagénaire, retraité de l'Education nationale. Vous ne pouvez pas, quand ça se passe à 5 m de vous, fermer les yeux et vous boucher les oreilles. «Il assure avoir entendu un fonctionnaire dire :» On va en débarquer trois [passagers], ça va servir d'exemple. «» Un policier a alors saisi ma femme par le bras, je ne l'ai pas supporté «, continue-t-il, racontant avoir voulu dégager le bras de son épouse. Puis, tout va très vite, et dans son esprit, » c'est un peu confus. A priori, j'ai dû me débattre. «Et il se retrouve» à plat ventre, mains menottées, avec un homme sur le dos «.

Il est ensuite» traîné «jusqu'à la passerelle de sortie, et» enfermé dans un fourgon «. Dans le même temps, son épouse et un Italien sont aussi débarqués. Ce n'est qu'au commissariat de l'aéroport que les menottes lui sont retirées. Finalement, » au bout de trois heures, le procureur a décidé de ne pas nous garder à vue «. Le retraité est alors examiné par un médecin, qui note qu'une côte a» probablement été fêlée «. Du côté de la police, où l'on assure ne pas avoir connaissance dans l'immédiat des détails de l'affaire, on indique que» ce qui s'est passé dans l'avion relève de la décision du pilote, qui est le seul maître à bord de son appareil «. Quant aux menottes, » on évite au maximum «de les mettre, sauf si» la personne présente des risques pour elle-même ou pour autrui «. Le retraité ne compte pas porter plainte –» ce serait ma parole contre celle des policiers, et il faudrait retrouver les passagers de l'avion pour qu'ils témoignent. Ma seule satisfaction, conclut-il, c'est que la jeune femme qui devait être extradée est aussi descendue. «■