À la vitesse du «Dindon»

Sarah Gandillot

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Des portes qui claquent, des amants dans les placards, des maris ridicules et des femmes malicieuses… Pas de doute, avec ce Dindon – présenté au Théâtre du Soleil en 2011, dans le Off d'Avignon l'été dernier et repris dès ce mardi au Théâtre 13 –, nous sommes bel et bien chez Feydeau. Sauf que la jeune Compagnie Guépard échappée a choisi de transformer ce classique d'entre les classiques en vaudeville tzigane. Sur scène, les neuf comédiens aux allures de saltimbanques sont accompagnés de six musiciens.

Crescendo virevoltant


Violons, guitares et flûtes soutiennent le tempo de la langue et traduisent l'instabilité des rapports humains en un crescendo virevoltant. «Feydeau, c'est une langue, un rythme, une énergie, un train lancé à pleine vitesse. Il nous a semblé que l'esprit et la musique tziganes collaient à cette ambiance survoltée. Il y a de la folie dans Le Dindon !» explique la metteur en scène Hélène Barbier. Et le vaudeville du XIXe siècle prend alors les allures d'un film d'Emir Kusturica. Pendant presque deux heures, l'énergie des jeunes comédiens ne faiblit jamais. Sautillants et tourbillonnants, ridicules quand il le faut, ils sont réjouissants. ■

■ Pratique

De 6 à 24 €. Jusqu'au 17 février au Théâtre 13, 103A, bd Auguste-Blanqui, 13e. Tél. : 01 45 88 62 22.