François Orivel : «La concurrence mondiale est rude»

©2006 20 minutes

— 

François Orivel, directeur de recherche émérite au CNRS et à l'Institut de recherche sur l'éducation.

Ce classement est-il révélateur de la mauvaise santé des facs parisiennes ?

Bien sûr. Et encore, elles restent supérieures aux établissements de province, car elles sont plus grosses et développées, et les professeurs préfèrent enseigner dans la capitale. Mais avec un budget annuel de 10 000 dollars par étudiant à Paris, quand les cent premières facs disposent de budgets annuels de 20 000 à 30 000 dollars, la concurrence est rude.

L'augmentation des budgets suffirait-elle à rendre nos universités plus compétitives ?

Non, il faut aussi permettre aux universités de sélectionner leurs étudiants, comme le font les cinquante premières universités mondiales. Sans quoi nos facs sont condamnées à ne pas avoir accès aux meilleurs étudiants. Il faudrait aussi payer les professeurs en fonction de leur productivité, de leurs compétences, et non de leur ancienneté. En outre, en France, seules les grandes écoles forment des ingénieurs et des cadres, alors qu'ailleurs, ce sont les universités. Mais bouger coûte cher et implique une refonte du système éducatif.

Est-ce grave si nos facs sont aussi mal classées ?

Le danger est que notre système universitaire ne soit pas capable de faire émerger les talents et les compétences nécessaires à l'évolution de l'économie mondiale. Aujourd'hui, les facs parisiennes n'accueillent que des étudiants étrangers de second rang, parce que leur réputation est faible. Rester en queue de peloton serait dramatique.

Recueilli par L. de C.