Les facs de Paris pas assez compétitives

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Coup dur pour l'ego. Le classement annuel de Shanghai, qui établit le palmarès des meilleures universités mondiales, vient de rendre son verdict. Les facultés parisiennes y sont encore mal classées. Seules trois d'entre elles – Paris-VI (45e), Paris-XI (64e) et l'Ecole normale supérieure (99e) – figurent parmi les cent premières. Et neuf autres parmi les cinq cents premières.

Cette année encore, ce sont les universités américaines et britanniques qui décrochent la palme. Elles occupent soixante-cinq des cent premières places avec Harvard, Cambridge et Stanford dans le trio de tête.

Pour relativiser ces mauvaises notes, les universitaires invoquent des critères de sélection inappropriés, fondés sur le nombre de médailles Fields et de prix Nobel sortis des bancs de l'université, ainsi que sur la quantité d'articles publiés dans la revue Science Citation Index-Expanded. Bref, ce n'est pas la qualité intrinsèque de l'enseignement universitaire qui serait jugé. Pour Yannick Vallée, président de la conférence des présidents d'université (CPU), ce mauvais score est en partie dû au fait que « nos organismes de recherche publient en commun avec les chercheurs d'université, si bien que le nom de l'établissement n'apparaît pas toujours ». Cette spécificité hexagonale ferait perdre plusieurs places aux facultés parisiennes. De son côté, Jean-Charles Pomerol, président de Paris-VI, estime que le problème de fond reste l'« éparpillement des facs ». « Avec dix-sept établissements rien qu'en Ile-de-France, pour 300 000 étudiants, difficile d'atteindre une taille critique. »

Comment grimper dans un classement qui fait office de baromètre international ? « Il faut regrouper les universités », répond Jean-Charles Pomerol. Le président de la CPU évoque même « une fusion des établissements de la capitale, et de fait de leurs budgets ». On en est encore loin. Même si l'Alliance Paris Universitas, qui coordonne depuis quatre ans les politiques universitaires de six établissements, peut bien monter en puissance. Et à terme, entrer dans le classement.

Laure de Charette