Des taxis rackettés par des policiers

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La justice n'en est qu'au stade de l'enquête préliminaire, et n'a pas encore ouvert d'information judiciaire. Mais le parquet de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, a confirmé hier avoir saisi l'inspection générale des services (IGS), la police des polices, pour une affaire de racket présumée de policiers envers des taxis parisiens.

Révélée hier par France Info, l'information circulait depuis plusieurs jours au sein de la profession. Selon une association de défense des taxis parisiens, c'est « une compagnie de CRS » qui serait à l'origine de ces agissements. Ils se produisaient essentiellement sur la bretelle d'accès de l'autoroute A 1, vers l'aéroport de Roissy. Certains policiers auraient régulièrement arrêté des taxis à cet endroit et, inventant des infractions, auraient demandé de l'argent aux chauffeurs pour renoncer à établir un procès-verbal. Selon différents témoignages, les agents prétextaient, entre autres, des excès de vitesse, des conduites dangereuses, des défauts d'horodateurs...

Les sommes demandées variaient entre 50 e et 150 e. Une cinquantaine de taxis auraient été victimes ou témoins de ces agissements, qui se seraient étalés sur plusieurs mois. Certains chauffeurs auraient directement saisi l'inspection générale de la police nationale (IGPN) pour dénoncer ces manoeuvres.

Contactée hier, la Chambre syndicale des artisans du taxi (CSAT) a indiqué « avoir été alertée par des adhérents début août. » Mais la fédération se refuse à plus de commentaire pour le moment.

La police des polices devrait prochainement entendre plusieurs fonctionnaires.

Mickaël Bosredon (avec AFP)

Un porte-parole d'un syndicat de taxis parisiens, qui ne veut pas être cité, indique que les rackets se seraient aussi déroulés sur l'autoroute A 3, entre Bondy (93) et la sortie de la Francilienne.