Sans-bahut : le 93 est particulièrement mal loti

©2006 20 minutes

— 

Officiellement, la situation est « nettement meilleure que l'année dernière ». Le rectorat de Créteil estime à cinq cents le nombre d'élèves sans affectation d'établissement pour la rentrée dans son académie, qui couvre le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis, un département dont l'offre de filières est particulièrement limitée. « Il manque un lycée professionnel de mille cinq cents places », estime l'association Réussir en Seine-Saint-Denis, qui conteste l'estimation de l'académie. Pourtant, de nouvelles mesures ont été mises en place. Les élèves de 3e de ce département sont en effet les seuls de France à devoir formuler quatre choix, et non trois, afin de laisser plus de chance à l'Education nationale de leur trouver une place.

Un système qui mène à des situations ubuesques. Une élève postulant en premier choix à un BEP sanitaire et social s'est retrouvée... en BEP comptabilité. Cannelle, une élève de 14 ans souhaitant effectuer une seconde sciences médicales et sociales (SMS) avait, elle, été affectée à une classe fantôme. « Entre-temps, la classe avait été fermée », s'indigne sa mère. « Tout ça parce que son collège a envoyé son dossier en retard ! Nous payons pour une erreur que nous n'avons pas commise. » Il y a quelques jours, sa fille, qui a obtenu 11,7 de moyenne et son brevet des collèges, s'est même vu proposer de redoubler sa 3e.

Magali Gruet

Selon plusieurs associations, il n'y a plus de tolérance pour les élèves en retard à leur rentrée en lycée. « Ils sont automatiquement radiés et l'on ne s'occupe plus d'eux, assure Réussir en Seine-Saint-Denis. Leurs places sont attribuées à ceux qui sont en liste d'attente. »