Huchon et les drôles d'emplois de sa femme

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Jean-Paul Huchon espérait obtenir un procès après les échéances électorales de 2007. Mais le parquet de Paris a estimé hier, au cours d'une audience de fixation, qu'il n'existait « aucun motif valable pour renvoyer ce procès aussi loin ». Résultat, le président PS du conseil régional d'Ile-de-France comparaîtra les 8, 9, 10 et 15 janvier 2007 devant le tribunal correctionnel de Paris pour « prise illégale d'intérêts ». « Il y a un problème de respect de la tradition républicaine qui veut que l'on n'envisage pas de juger un homme politique durant une période électorale », a estimé l'avocat de Jean-Paul Huchon, Philippe Dehapiot.

La justice s'intéresse aux emplois, en lien avec la région, de la femme de Jean-Paul Huchon, Dominique Le Texier. L'élu aurait poussé le conseil régional à choisir les sociétés Image Public et Sertis, où était employée sa femme, pour gérer la représentation de la collectivité lors des Festivals de Cannes de 2002 et de 2003. La société LM festival, elle, avait été choisie pour s'occuper d'un festival de cinéma sur l'environnement organisé par la région. Là encore, on retrouve Dominique Le Texier comme salariée de cette entreprise qui, de surcroît, avait perçu une subvention de 100 000 e de la région. La justice s'interroge encore sur la réalité de l'emploi de la femme de Jean-Paul Huchon au sein du conseil régional à partir d'avril 2004, pour un salaire de 4 583 e brut par mois.

Sur ce dernier point, Philippe Dehapiot estime qu'« au cours de l'audience, la lecture des éléments retenus par l'accusation démontre que la présomption d'emplois fictifs a été écartée par le procureur de la République ». Pour le reste, poursuit l'avocat, « il s'agit d'opérations publiques, qui ont fait l'objet de cinq contrôles successifs » et qui « n'ont pas relevé l'existence d'irrégularités ». La région se refuse toujours à tout commentaire sur cette affaire.

M. B. (avec AFP)

Dominique Le Texier comparaîtra aux côtés de Jean-Paul Huchon. Dominique Merchez, ex-responsable des marchés au conseil régional et ancien directeur de la communication, actuellement à la direction du comité régional du tourisme d'Ile-de-France, comparaîtra pour « favoritisme » dans le cadre d'un marché conclu en 2002. Michel Sajn, directeur de la société présumée bénéficiaire, est accusé de « recel de favoritisme ».