La capitale mise sur le bio pour combattre la malbouffe

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Des menus tout bio. Alors que les restaurants scolaires de Paris comptaient en moyenne 16, 6 % de produits «sous signe de qualité» (bio, label Rouge ou pêche responsable) en 2011 et que la mairie vise un objectif de 30 % d'alimentation durable à l'horizon de 2014, le 2e arrondissement met les bouchées doubles pour améliorer la qualité des repas. Ainsi, dès janvier, les plats servis dans les cantines seront composés à plus de 70 % de produits biologiques. «On utilise des fruits et légumes de saison, ou on organise les mardis végétariens», précise-t-on du côté de la mairie du 2e. Une politique qui ne coûte pas plus cher aux parents – la Ville appliquant depuis 2010 une grille tarifaire unique fondée sur le quotient familial – et à la mairie du 2e, qui minore le surcoût en s'appuyant sur le principe de la liaison froide : les plats sont livrés par des prestataires extérieurs évitant ainsi les coûts liés aux infrastructures et personnels relatifs à une cuisine sur place.

Apprendre à lutter «dès le plus jeune âge»


Une philosophie plébiscitée par les parents, cet arrondissement comptant plus de 90 % d'enfants inscrits à la cantine. «Ces repas bio sont une bonne chose, car c'est dès le plus jeune âge qu'il faut apprendre aux enfants à lutter contre la malbouffe», affirme Dorothée alors qu'elle récupère son fils de 4 ans et demi rue Vivienne. Laetitia se montre plus pragmatique. «Cela leur permet surtout de manger des aliments qu'on ne cuisine pas à la maison, comme les choux de Bruxelles», rigole-t-elle. Sa petite fille, Milène, 5 ans, n'est pas dérangée par ces repas bio parce qu'elle «adore les légumes», avant de glisser qu'elle «préfère quand même les crêpes». Pour le maire du 2e, Jacques Boutault (EELV), cette volonté de manger mieux à la cantine ne s'arrête pas au bio, puisqu'il a décidé aussi de retirer tous les produits à base d'huile de palme des menus depuis 2008. Un vœu a d'ailleurs été déposé par les Verts au Conseil de Paris le 10 décembre pour la bannir de toutes les cantines de la capitale. ■ Jérôme Comin