Marc Machin, l'innocent incommodant

PROCES L'homme accusé à tort du meurtre de Marie-Agnès Bedot est revenu lundi sur son parcours...

William Molinié

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Peu de questions lundi à la cour d'assises. Le procès de Marc Machin, qui sera probablement acquitté jeudi en fin de soirée, s'annonce sans surprise. En effet, l'ADN de David Sagno, le véritable meurtrier déjà condamné, a été retrouvé sous les ongles de Marie-Agnès Bedot, tuée au pont de Neuilly le 1er décembre 2001. Depuis, Marc Machin a obtenu l'annulation de sa condamnation – dix-huit ans de prison – par la Cour de révision. Mais avant de réhabiliter le protagoniste, la cour d'assises s'est attachée lundi à dresser le portrait d'un homme «impulsif», «caractériel», au casier judiciaire émaillé de multiples agressions sexuelles.

 

 

«La police se défausse»

 

 

Crâne rasé, collier de barbe taillé de près, Marc Machin inspire longuement avant de faire sa déposition. «Je suis le deuxième d'une fratrie de trois enfants…», introduit-il. Jeunesse chaotique, parcours scolaire laborieux, mésaventures sentimentales. Les agressions sexuelles s'enchaînent. Avec souvent le même scénario. «J'avais trop fumé. Cocktail explosif. Et voilà, passage à l'acte», énumère-t-il. Ses dernières perversions datent de 2009. «J'ai pris le melon. Je ne pensais pas retomber. Je n'étais pas dans l'acceptation de ma fragilité», justifie-t-il, en faisant référence à l'avalanche d'articles de presse publiés après les trois agressions sexuelles commises en 2009.

On comprend au fil de son parcours comment les enquêteurs se sont laissé piéger par la facilité d'avoir trouvé le «coupable idéal». «C'est le procès de la compréhension d'un système judiciaire qui dérape», dénonce, hors prétoire, son avocat, Me Louis Balling. Ce mardi, les policiers de la brigade criminelle vont être appelés à la barre. Mais l'enquêteur qui a recueilli les aveux de Marc Machin et le juge d'instruction qui a suivi l'affaire ont fait savoir, certificat médical à l'appui, qu'ils ne pourront pas témoigner. «Je ne peux pas oser croire que la blouse blanche les protège. Mais j'ai le sentiment que la police se défausse», lâche amèrement Me Balling.