Patrick Serog : «Proposer une alternative au grignotage»

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Patrick Serog, médecin nutritionniste, auteur de Savoir manger (Flammarion, mars 2006).

Avec un an de recul, était-ce une bonne idée de retirer les distributeurs des écoles ?

Les bénéfices de cette loi sont impossibles à mesurer précisément, en l'absence de groupe témoin. Mais cette chasse à la consommation et au grignotage au sein de l'école est positive. Même si elle n'empêche pas un jeune d'aller s'acheter un sachet de bonbons ou une canette à la boulangerie du coin.

Mais les adolescents ont besoin de manger pour tenir le coup ?

Oui, certains ados peuvent manquer de sucre en dehors des repas, ce qui peut avoir un impact sur leur concentration et leur activité scolaire. Il faut donc proposer une alternative au grignotage, et mettre en place des collations à la carte, pour ceux qui en auraient besoin.

Comment l'école peut-elle aujourd'hui diminuer l'obésité infantile ?

Elle peut encore agir au niveau des cantines. Les commissions des menus ont fait de gros efforts sur l'équilibre alimentaire, mais il faudrait que les enfants aient plus de temps pour déjeuner. Sans quoi ils ne mangent pas tout ce qui leur est proposé, et deux heures après, ils ont faim, et grignotent. Je défends aussi l'idée d'une signalétique, qui permettrait à l'enfant de distinguer un plat habituel, d'un plat riche ou nutritionnel, et de panacher en connaissance de cause.

Et l'alimentation biologique à l'école, est-ce efficace ?

L'alimentation bio est saine car il n'y a pas de pesticides. En revanche, en termes de qualité nutritionnelle, c'est du pareil au même.

Recueilli par Laure de Charette