Un an après l'incendie, L'Haý-les-Roses veut tourner la page

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L'Haý-les-Roses se souvient. Tout en voulant oublier. Hier soir, ils étaient quelques dizaines à s'être réunis devant la tour nº 2 de l'allée du Stade, là où il y a tout juste un an, dans la nuit du 3 au 4 septembre 2005, un incendie tuait dix-huit personnes par asphyxie dans une cité tranquille.

Solange, 66 ans, était ce soir-là à sa fenêtre, dans l'impossibilité de sortir. Réduite à voir « les corps calcinés » évacués par les pompiers. Comme cinquante familles sur cent dix-huit, elle a décidé de revenir habiter sur les lieux, dès le mois de décembre, quand le bailleur social, 3 F, a achevé les travaux. « Ma vie est ici. Il faut reprendre le dessus, et ça ne sert à rien de ressasser. » Les locaux ont été refaits à neuf : cage d'escalier pimpante, peinture nickel, ascenseurs modernes. De nouveaux locataires sont arrivés et les boîtes aux lettres ont été remplacées. D'après l'enquête, quatre adolescentes désireuses de se venger d'une ancienne amie avaient mis le feu à une de ces boîtes en bois et provoqué le gigantesque incendie. Les nouvelles sont en métal. Incombustibles.

Les quatre jeunes filles, âgées de 15 à 18 ans, ont été rapidement mises en examen pour « homicide involontaire », puis libérées, la dernière au mois d'avril. Face à cette décision, certains évoquent une « certaine incompréhension », comme Rachid, le nouveau gardien de l'immeuble. Le bailleur social n'a pour l'instant pas été mis en cause, mais l'instruction se poursuit. Selon le maire de la ville, Patrick Sève (PS), « les gens ne sont toutefois pas impatients que le procès se déroule. Il y a plutôt une volonté de tourner la page. »

Michaël Hajdenberg