Paris

Des artistes portés vers le succès

Les coups de ciseaux de Jean Paul Gaultier résonnent encore dans les couloirs des Ateliers de Paris. Vendu par le couturier à la Ville, cet immeuble du faubourg Saint-Antoine (12e) abrite depuis juillet six artistes qui espèrent monter leur propre af...

Les coups de ciseaux de Jean Paul Gaultier résonnent encore dans les couloirs des Ateliers de Paris. Vendu par le couturier à la Ville, cet immeuble du faubourg Saint-Antoine (12e) abrite depuis juillet six artistes qui espèrent monter leur propre affaire de mode ou de design. Un « incubateur » d'entreprises atypique, le premier sur ce thème en France, qui sera inauguré ce matin au coeur du quartier des ébénistes. Agés de 22 à 34 ans, les artistes peuvent y rester une année, durant laquelle ils déboursent un modeste loyer. Ils bénéficient de conseils pour mettre au point leur stratégie, apprendre les bases d'une bonne gestion. « Ils ont besoin d'être aiguillés pour la comptabilité ou le choix d'un logo », précise Françoise Seince, la directrice des lieux, salariée de la Ville. Ils louent déjà la « superbe émulation » entre eux. Patricia, qui imagine des meubles en carton, espère bien « profiter du réseau de chacun ». Cyrine, créatrice de sacs design pour transporter son ordinateur, assure que « dans la mode l'image compte beaucoup, et c'est un gros avantage d'avoir une adresse si prestigieuse ». Elle vient d'obtenir un corner au Printemps Haussmann. La gloire.

A l'étage, Mylinh, penchée sur son établi, façonne des boutons de vêtements d'un nouveau genre, « aimantés, inspirés des bocaux de conserves... ». Fatou a créé un univers très cosy pour mettre en valeur sa collection de lingerie à perles. Elle compte convaincre les boîtes de nuit que sa chaîne de taille phosphorescente est l'accessoire indispensable des clubbeuses. Un créneau sur lequel Anthony, créateur de bijoux en PVC fondu, pourrait aussi se positionner.

Tout le monde pourra exposer sur le stand de la Ville de Paris au Carrousel des métiers d'art du Louvre en décembre. Une référence. « Ce n'est pas le tout de créer, il faut vendre », conclut Fatou.

Magali Gruet