« Triste d'être attaqué par un confrère »

delphine bancaud

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Bricorama enfonce le clou sur le travail dominical. Après avoir été condamnée par la cour d'appel de Versailles pour non-respect du repos dominical, l'enseigne de bricolage ne souhaite pas désarmer. Elle a assigné en référé ce mardi, devant le tribunal de Bobigny, treize magasins franciliens Castorama et onze Leroy Merlin pour ouverture illégale le dimanche. Une procédure lancée pour dénoncer « une distorsion manifeste de concurrence », selon Bricorama, qui voudrait que les magasins soient tous logés à la même enseigne. Le groupe de bricolage argue en effet que plusieurs magasins concurrents sont situés en dehors des zones Puce (périmètre d'usage de consommation exceptionnel) et ouvrent le dimanche sans autorisation. Une situation qui leur permet de capter la clientèle dominicale et de la fidéliser.

Des emplois en jeu
Un nouvel épisode de la guerilla des enseignes dans lequel Castorama aurait bien aimé ne pas jouer. « C'est triste d'être attaqué par un confrère. Surtout lorque cela intervient après l'offensive lancée par Force ouvrière sur deux de nos magasins à ce sujet », explique une porte-parole du groupe. De son côté, le porte-parole de Leroy Merlin ne souhaite pas commenter l'affaire : « Ce n'est pas le bon débat. Le sujet serait plutôt l'imbroglio de la loi, qui est faite d'exceptions sectorielles. Ce que demande toutes les enseignes, c'est une sécurisation de la situation juridique des magasins. Car des emplois sont en jeu. »

Les « bricoleurs du dimanche »

Un collectif de salariés de magasins franciliens de bricolage s'est lancé officiellement lundi. « Les bricoleurs du dimanche » souhaitent ainsi défendre leur « droit au travail dominical » et obtenir du gouvernement une stabilité juridique sur cette question.