Les Robins des Toits décident d'attaquer la ville de Paris

Hélène Colau

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La nouvelle charte sera signée jeudi.
La nouvelle charte sera signée jeudi. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«La charte de la téléphonie mobile fait plus plaisir aux opérateurs qu'elle ne protège la santé des citoyens. » A quelques jours de la signature du document adopté en octobre par le Conseil de Paris, prévue jeudi, l'association de protection contre les technologies sans fil Robin des toits vient de déposer un recours en excès de pouvoir devant le tribunal administratif de Paris.

Le déploiement de la 4G en jeu
« C'était la seule solution pour que la charte soit renégociée et pour éviter l'arrivée de la 4G à Paris, explique Etienne Cendrier, porte-parole des Robin des Toits. En l'absence d'études sanitaires sur le sujet, la population entière sera le cobaye. » Si le tribunal donne raison à l'association, la charte devrait repasser devant le Conseil de Paris après avoir été étudiée par chaque arrondissement. « Nous considérons qu'il y a déjà eu une large consultation, tous les maires d'arrondissement ont été entendus, rétorque la Mairie de Paris. Et le texte a été voté à l'unanimité au Conseil de Paris. »
Derrière la procédure juridique se cache l'espoir de rediscuter le fond du texte, qualifié d'« enfumage » par ses détracteurs. En effet, après plus d'un an de discussions entre les quatre opérateurs de téléphonie mobile et la Mairie de Paris, la charte a défini des seuils limites d'exposition aux ondes de 5 volts par mètre pour la 3G et de 7 volts par mètre pour la 4G. Bien loin de l'objectif de 0,6 volt par mètre affiché dans un premier temps, seuil en deçà duquel les scientifiques s'accordent pour dire qu'il n'y a aucun risque pour la santé. C'est d'ailleurs la valeur évoquée dans le rapport du Grenelle de l'environnement comme « seuil maximal d'émission ». En octobre, la Mairie assurait que le seuil retenu permettrait déjà de réduire de 20 % l'exposition des Parisiens. Une estimation difficile à vérifier puisqu'on passe d'une moyenne (2 volts par mètre dans la précédente charte, signée en 2003) à une valeur maximale en « pointe ». Reste que la Ville de Paris, qui accueille 2 353 antennes-relais sur ses toits, est l'une des seules de France à tenter d'encadrer l'émission d'ondes sur son territoire.