Les greffes au cœur du dialogue

Santé Une brigade de jeunes sensibilise les Franciliens sur le don d'organes pendant six mois

Oihana Gabriel

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Neuf volontaires parcourent le région pour informer sur le don d'organes pendant six mois.
Neuf volontaires parcourent le région pour informer sur le don d'organes pendant six mois. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Bonjour, vous avez quelques minutes pour parler du don d'organes ? », hèle Prisca, devant le Centre Pompidou (4e). Pas évident d'interrompre la course des Parisiens pressés et méfiants en ce mardi midi pluvieux. Surtout quand c'est pour parler greffe et prélèvement. Mais les neuf jeunes en mission de service civique qui participent à cette opération de sensibilisation espèrent bien trouver une oreille attentive. « On a tous notre technique pour interpeller : Jessica fait des bonds de kangourou, Manu aborde les gens avec douceur, relate Prisca. Mais on commence par dire que c'est gratuit et avec le sourire ! Une fois, un cinquantenaire m'a donné 2 € sans écouter mes explications. » Prisca a reçu une greffe de rein en 1997. Du coup, elle peut aujourd'hui alerter les passants sur le besoin criant de dons d'organes. Depuis la mi-novembre, ils parcourent Paris avec leur K-way blanc et leurs fiches d'informations. Objectif : informer entre 20 000 et 30 000 Franciliens d'ici à la fin mai.

Répondre aux questions
« En 2011, en France, sur 11 000 personnes qui attendent une greffe, seulement 5 000 ont obtenu un organe, souligne Manu, un des volontaires. En Ile-de-France, il y a une opposition au prélèvement dans 40 % des cas où le don est possible contre 32 % au plan national. » Pour lutter contre cette réticence, pas d'affiche choc, mais un dialogue qui se nourrit de questions autour d'un sujet délicat. Sur l'anonymat obligatoire du donneur comme du receveur, sur la présence d'une infirmière pour respecter la religion et la volonté des proches, sur les conditions nécessaires : seule une personne en état de mort cérébrale peut donner ses organes. Soit 1 % des cas. Après un court entretien avec les passants, ces derniers peuvent choisir entre prendre le temps de la réflexion, s'inscrire sur un registre national du refus ou repartir avec sa carte de donneur. Avec en bonus trois « cartes témoins » pour prévenir ses proches. Une bonne occasion pour susciter le dialogue.

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