Rue du Roi-Doré, l'enquête piétine

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Les scellés sont toujours posés au 4, rue du Roi-Doré (3e). Un an après l'incendie de l'immeuble, la justice n'a pas encore statué sur les raisons du drame, qui avait coûté la vie à sept personnes. Pour les 29 rescapés, cette attente est jugée « interminable ». « Nous devons savoir ce qui a provoqué l'incendie, car si c'est criminel, il faut punir », estime leur porte-parole, qui a envie de « tourner la page ». A la mairie du 3e, on évoque « deux hypothèses : un court-circuit dans le compteur électrique, ou du fioul qui se serait enflammé au deuxième étage ». Mais la juge d'instruction n'a pas encore tranché, « comme pour l'incendie du boulevard Vincent-Auriol (13e) », précise le cabinet de Jean-Yves Mano, adjoint (PS) au maire de Paris chargé du Logement, qui s'impatiente de « ne pouvoir lancer aucun travaux sur cet immeuble vétuste ». La Siemp, société d'économie mixte chargée d'y construire quatre logements sociaux, a relancé la justice au printemps, mais n'a obtenu « aucune réponse ».

Un silence difficile à supporter pour les familles, qui se repassent le film du drame en boucle. Abou, père d'une petite fille de 5 ans, habitait l'immeuble avec sa femme. Il se rappelle avoir descendu sa fille dans la rue dès qu'il a vu la fumée, puis être remonté avec les hommes « pour tenter d'éteindre le feu, mais comme on n'avait pas l'eau courante, juste des bidons, on n'a pas réussi ». Il a sauté par la fenêtre pour s'en sortir. Les familles en situation régulière ont été immédiatement relogées. Les autres ont obtenu leur régularisation, et sont sur le point d'emménager dans un logement durable. « On a eu ce que l'on demandait depuis tant d'années, mais la joie est entachée de sang », soupire Abou.

Magali Gruet

Le comité de soutien des familles sinistrées de la rue du Roi-Doré, épaulé par des élus locaux, appelle au recueillement ce soir à 18 h devant les lieux du drame. Ils déposeront une gerbe à la mémoire des disparus.