La région, pilote de l'égalité

Hélène Colau

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L'objectif est d'attirer plus de jeunes femmes dans les filières « masculines », comme l'aviation.
L'objectif est d'attirer plus de jeunes femmes dans les filières « masculines », comme l'aviation. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Chaque fois qu'on masculinise une filière, les rémunérations augmentent ; quand on féminise, la qualité de vie au travail s'améliore. Tout le monde a intérêt à la mixité. » La ministre (PS) des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a signé lundi avec la région une convention intitulée « Vers des territoires de l'excellence en matière d'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ». L'Ile-de-France fait partie des neuf régions pilotes choisies pour mener des expérimentations en faveur de l'égalité et de la mixité. En effet, 50 % des femmes travaillent aujourd'hui dans seulement 12 des 87 filières professionnelles. Une des causes des différences de salaire qui subsistent entre hommes et femmes.

« Un mal nécessaire »
Pour amorcer ce programme, la région a signé lundi à Orly (Val-de-Marne) une convention avec la Fédération nationale de l'aviation marchande. Un secteur touché par une pénurie de vocations féminines : seuls 10 % des pilotes et personnes travaillant à l'entretien des avions sont des femmes. L'objectif de cet accord est d'amener davantage de jeunes filles du secteur d'Orly à travailler à l'aéroport, notamment via des actions de promotion dans les écoles et les entreprises. En attendant des solutions plus radicales. « Les quotas sont un mal nécessaire », plaide Florence Parly, directrice générale adjointe d'Air France. « Il faut aussi dire aux jeunes filles qu'il est possible d'exercer ces métiers tout en étant mère de famille », précise Anne Brachet, directrice de l'activité moteurs au sein de la compagnie aérienne. Un défi que les rares filles engagées dans des filières techniques sont prêtes à relever. Amandine, 20 ans, apprentie mécanicienne, est la seule fille de sa classe. « Au début, mes parents étaient un peu réticents, explique-t-elle. Mais je subis moins de préjugés dans l'aviation que dans l'automobile. Et puis ma génération est plus disposée à accepter des femmes dans des métiers dits masculins. »