Le projet du grand Paris fait parler à l'étranger

Oihana Gabriel

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rand Paris, objet de toutes les convoitises. Cette gouvernance à l'échelle régionale, qui englobe emplois, logements, transports, culture et mode de vie intrigue les urbanistes du monde entier. Ce mardi, L'établissement public d'aménagement de la Défense Seine Arche (Epadesa) accueille une des nombreuses conférences pour dessiner un futur Grand Paris. Et parmi les invités figurent des spécialistes venus de Londres, Denver, Washington et San Francisco. « On assiste à un mouvement contradictoire : à l'étranger, Grand Paris commence à intéresser, un an et demi après son démarrage, au moment où des doutes, des freins apparaissent en France », souligne Nicolas Buchoud, urbaniste à l'origine de cette conférence. Lui parcourt le monde pour vanter l'esprit du Grand Paris. « A Tokyo ou Djakarta, ce projet est regardé avec espoir car il démontre la capacité à rassembler professionnels et politiques, privé et public pour construire la ville de demain. Mais il faut qu'on apprenne à travailler avec des ressources financières plus rares. »

Inspiration à double sens
Ces spécialistes réfléchissent à l'étalement urbain, aux créations d'emplois comme aux transports en commun à l'image de John Rahaim, urbaniste pour la ville de San Francisco, venu assister à la conférence. « En 2040, San Francisco accueillera 2 millions d'habitants en plus, explique-t-il. Pour la première fois, le centre croît plus vite que ses banlieues. Aujourd'hui, les jeunes qui travaillent dans la Silicon Valley veulent vivre dans le centre… et sans voiture. Pour le moment, les grands groupes mettent en place des bus pour leurs salariés. Mais il nous faut une meilleure coordination. Plutôt que de construire de nouveaux transports, on tente de concentrer la population et les activités le long des lignes existantes. » Les expériences de la Silicon Valley à San Francisco ou du logement à Tokyo peuvent éviter à l'Ile-de-France de répéter les mêmes erreurs.

ligne 14 prolongée

Signe encourageant pour cette première réalisation du Grand Paris Express, qui a connu quelques remous, le prolongement de la ligne 14 de Saint-Lazare vers la mairie de Saint-Ouen (93) est désormais assuré. Jeudi, le conseil régional a voté à l'unanimité le plan de financement : la région participe à hauteur de 38 % du budget, 1,4 milliard d'euros. Les travaux doivent débuter à la fin 2013 pour une mise en service en 2017.