Denis Baupin : «La circulation ne peut baisser que si on la restreint !»

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Interview de Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris chargé des Transports.

L'heure du bilan approche. Ne va-t-on pas vous reprocher d'avoir mené une politique des déplacements pour les seuls Parisiens, au détriment des banlieusards ?

Ce prétendu engorgement des portes de Paris, dû à nos aménagements de voirie, reste à prouver. Je n'ai jamais vu d'étude qui le démontre. Chaque fois que j'écoute les infos trafic à la radio, j'entends que ce sont les autoroutes qui sont bouchées le matin, et pas Paris.

Pourquoi ne pas avoir pris le problème dans l'autre sens, en augmentant les transports pour faire baisser la circulation ?

Toutes les villes qui l'ont fait ont subi un échec, car les gens continuaient de prendre leur voiture, qu'ils estiment plus confortable. La circulation ne peut baisser que si on la restreint. C'est un levier dont nous disposons, alors nous l'utilisons ! Mais c'est un reproche qui devrait s'estomper, puisque l'offre de bus et de RER va augmenter considérablement en fin d'année. Sans compter le tramway, qui sera mis en service mi-décembre.

Dans quelle mesure l'offre va-t-elle être améliorée ?

Deux tiers des bus circuleront le dimanche à Paris, contre la moitié actuellement. En soirée, l'offre sera portée à la moitié des bus, et non plus un tiers. Les lignes Mobilien seront renforcées. La petite et la grande couronne bénéficieront également d'améliorations conséquentes. Mais il faut dire qu'on partait de très loin.

Qu'en est-il de la prolongation du métro d'une heure le samedi soir, et du ticket unique valable une heure pour les correspondances entre trains et bus ?

Je souhaite que la prolongation du samedi ait lieu avant la fin de l'année, et j'espère que nous l'étendrons au vendredi soir les mois suivants. Sur le dossier du ticket unique, nous nous heurtons à des problèmes techniques. Car comme les voyageurs peuvent changer de zones, cela nous mènerait à créer vingt-huit billets différents ! Nous ne voulons pas de cette usine à gaz.

Comment envisagez-vous votre collaboration avec Pierre Mongin, proche de Dominique de Villepin, nommé en juillet à la tête de la RATP ?

Je le rencontrerai pour la première fois cette semaine. Je ne veux pas arriver avec un a priori négatif, il n'y a pas de délit de faciès, mais on connaît son histoire, sa lutte pour le CPE. On aurait nommé un pro transports collectifs, et qui connaît le sujet, ce serait plus simple pour nous. Mais puisqu'il est là, nous bosserons avec lui.

Craignez-vous des mouvements sociaux ?

Ce n'est pas mon job de gérer le dialogue social à la RATP, mais celui de Pierre Mongin. S'il veut avoir quelque chose à faire valoir après la présidentielle, il a tout intérêt à réussir à faire adopter les mesures votées par le Syndicat des transports d'Ile-de-France.

Recueilli par M. G.