L'« enfer » à Barbès, le renouveau à Magenta

©2006 20 minutes

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« Ils font les Champs-Elysées ici ou quoi ! », s'exclame une jeune femme, qui peine à tirer son caddie sur les trottoirs défoncés du boulevard Barbès (18e). Tout l'été, la plantation d'arbres, la création de pistes cyclables et l'aménagement de couloirs de bus se sont succédé, à grands renforts de marteaux-piqueurs et de brise-béton. Objectif, mettre les bouchées doubles pour transformer le boulevard en « espace civilisé » d'ici à décembre.

Mais dans un quartier où peu d'habitants partent en vacances, beaucoup racontent avoir subi « l'enfer des travaux », « les embouteillages en plein mois d'août », « le cauchemar pour traverser, ou accéder au métro » en raison de la bousculade le long des grilles de chantier.

Sur le plan économique, certains commerçants estiment avoir perdu « entre 20 et 30 % de chiffre d'affaires » depuis le début des travaux en novembre 2005. « Les gens savent maintenant qu'on ne peut pas circuler ni se garer ici, alors ils vont ailleurs », se plaint Ali, poissonnier.

Les riverains veulent néanmoins croire à la métamorphose du quartier, à l'image du boulevard Magenta voisin. Mais s'il est jugé « agréable et réussi » par certains, d'autres l'estiment « mal pensé » et évoquent notamment les accrochages fréquents entre cyclistes et piétons.

Laure de Charette