Les expulsions font un bond de près de 50%

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Les chiffres de la préfecture de police de Paris sont
sans appel. Au premier semestre 2006, les forces de
l’ordre ont procédé à 665 expulsions, contre 447 à lamême période en 2005, soit 48,8% d’augmentation. Même si elles ne sont pas systématiquement suivies d’effet, on observe lamême tendance du côté des autorisations d’intervention accordées par le
préfet (+ 35,3%). Le nombre de dossiers transmis par le parquet demandant la réquisition de la force publique reste pourtant sensiblement le même (1886 contre 1893 au premier semestre 2005). La police intervient donc de façon beaucoup plus automatique.
« Depuis les incendies de 2005, nous considérons les choses différemment », justifie la préfecture.
Les associations y voient d’autres raisons. « Le budget alloué à l’indemnisation des propriétaires qui n’obtiennent pas l’application d’une ordonnance
d’expulsion a été réduit. L’Etat doit faire du chiffre », s’indigne le Comité actions logement (CAL). Fait
nouveau : « la police n’a pas appliqué la trêve, tacite, qui a lieu d’habitude entre les 15 juillet et 15 août », assure Jean-Baptiste Eyraud, de Droit au logement (DAL). « Tous les recours sont désormais rejetés par la préfecture, les gens sont dehors en six mois », renchérit Didier Bagheriche, également du DAL. Ainsi, nombre de locataires vendus à la découpe, en fin de bail ou squatteurs ont reçu une mise en demeure de quitter les lieux avant l’été. «Les sans-papiers ne sont pas les seuls concernés, prévient le CAL. Des Français bons payeurs se retrouvent aussi dans ces situations. »

M. Gruet