ni chez soi, ni au bureau

Oihana Gabriel

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La mutation du travail est en marche… mais elle prend son temps. Grâce au numérique, la construction de tiers lieux (ces espaces intermédiaires, ni domicile, ni locaux de l'entreprise) décolle petit à petit en Ile-de-France. Il y a cinq ans, la région accueillait la Cantine, premier espace de travail collaboratif de l'Hexagone. Depuis, le concept a essaimé notamment en banlieue, où il n'existait qu'un tiers lieu en 2011 et où 33 sont attendus pour 2014. « Paris est en train de se remplir, ce qui nous intéresse maintenant, c'est de passer le périphérique », souligne Jean-Baptiste Roger, directeur de la Fonderie, l'agence numérique d'Ile-de-France qui organisait mercredi des tables rondes pour faire connaître les avantages du co-working. Moins de temps de transports, moins de pollution, une synergie entre métiers, les salariés qui ont goûté à ces télécentres semblent conquis.

Seize projets en Seine-et-Marne
C'est pour les banlieusards, qui passent souvent plus de deux heures dans le RER, que cette piste s'annonce révolutionnaire. « Quand le prix de l'essence atteindra 2 €/l, la question de la mobilité maîtrisée sera centrale, reprend Jean-Baptiste Roger. Les télécentres permettent de ramener des emplois, des services, des commerces dans des cités -dortoirs. Et c'est une façon de lutter contre la ségrégation et des CV recalés à cause d'une adresse… » La Seine-et-Marne se montre à l'avant-garde, avec 16 projets de tiers lieux en cours. Ceux qui vivent dans l'Aube et traversent le département pourront donc s'arrêter à Fontainebleau ou Trilport quelques jours par semaine. Mais pour remplir ces télécentres, il faudra que les sociétés adhèrent à cette flexibilité du travail. Un effort nécessaire pour Jean-Baptiste Roger : « Il faut bousculer le management pour réfléchir en terme de projet et non en heures de présence. »

haut débit

Si la Seine-et-Marne (77) est à la pointe, c'est aussi grâce à son bon réseau de fibre optique, qui couvre 1 100 km dans ce département. Mais pour d'autres territoires ruraux moins bien dotés, la question du haut débit pourrait freiner le télétravail.