Les chapelles du Père-Lachaise revivent

Oihana Gabriel

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La chapelle a été rénovée pour accueillir les urnes de huit familles dans le cimetière du  Père-Lachaise.
La chapelle a été rénovée pour accueillir les urnes de huit familles dans le cimetière du Père-Lachaise. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Dans les allées bordées d'arbres du Père-Lachaise (20e), de nombreuses chapelles dévoilent fissures et rouille. Mais cette année, ce cimetière a testé une solution innovante : la chapelle cinéraire qui accueille non plus les sépultures d'une lignée, mais les urnes de huit familles. Avec un double objectif : trouver de la place pour des urnes toujours plus nombreuses et restaurer ces chapelles abandonnées. En effet, la réhabilitation de ces monuments, qui symbolisaient la réussite sociale au XIXe siècle, coûte très cher. La Mairie de Paris, après plusieurs années de procédure, devient donc propriétaire et transforme ces chapelles, qui seront louées environ 3 500 € à chaque famille.
« Pour moi, le cinéraire [les urnes] est l'avenir et permet de préserver les paysages des cimetières parisiens », assure Pascal-Hervé Daniel, chef de service des cimetières de la capitale. Juste à côté de la tombe de l'écrivain Colette, une de ces trois chapelles funéraires dévoile des plaques, une petite grille pour chaque case et un espace privatif pour disposer des fleurs ou un objet qui rappelle le défunt. « Elle se fond parfaitement dans le paysage du Père-Lachaise, reprend Pascal-Hervé. Les familles ont tout de suite accroché. En un mois, les vingt-quatre cases ont été louées ! » Après ce test concluant, salué par un prix qui récompense les idées innovantes dans les collectivités territoriales, la Mairie va rénover dix autres chapelles au Père-Lachaise, à Montparnasse (14e) et à Montmartre (18e). Avant de l'étendre aux vingt cimetières parisiens. Ce qui facilitera l'accès des Franciliens à ces sites saturés depuis le XIXe siècle.
L'évolution des us et coutumes voit l'explosion de la crémation. En plus de ces chapelles cinéraires, des cippes arrondis, des monuments funéraires en forme de pilier bas que l'on disposerait au pied d'un arbre ou d'un bosquet, pourraient être installés dans ces cimetières très verts. En 2013, cette initiative sera testée aux Batignolles (17e). « On ne peut pas mettre une sépulture sur un pied d'arbre car les racines l'abîment. Il reste ainsi de nombreuses cases vides dans notre crypte du columbarium. Mais les familles veulent mettre leurs défunts en extérieur, près de la nature. »