l'art sur roulettes dans la cité

Oihana Gabriel

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Les enfants entrent dans ce camion-musée insolite.
Les enfants entrent dans ce camion-musée insolite. — Photos?: A.?GELEBART/20 MINUTES

Drôle de cabinet de curiosités contemporain. Le musée mobile, MuMo de son petit nom, a débarqué en banlieue parisienne lundi. Après avoir sillonné le Cameroun, la Côte d'Ivoire et plus récemment la Bretagne, ce camion qui se déploie pour devenir réceptacle d'œuvres d'art a pris place dans un centre aéré de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) avant d'aller à la rencontre des enfants de Saint-Denis et Sarcelles (Val-d'Oise).

Des œuvres ludiques
« Là, les enfants, vous êtes en train de marcher sur un tableau géant », dévoile Isabelle, la médiatrice, avant de faire deviner aux douze visiteurs la matière de ce sol-œuvre d'art. Du béton ? Du bois ? du carton ? « Non, du scotch ! ». Des vidéos sur trois écrans, un néon signé Claude Lévêque, un escalier décoré de lacets colorés ou un énorme lapin rouge de McCarthy qui surplombe le conteneur, quatorze artistes reconnus ont inventé une création spécifique plutôt ludique et sensorielle et surtout adaptée à ce petit camion. Mais la visite ne tourne pas autour des noms ou parcours de ces grands pontes de l'art contemporain. « L'intérêt, c'est la rencontre avec l'œuvre, l'expérience, souligne Isabelle. On espère que si on leur propose un jour d'aller au musée, ça soit lié à un moment de plaisir. » Les enfants, souvent ébahis et hilares devant les vidéos, ont du mal à mettre en mots cette découverte. « C'est beau et bizarre », admet Venise, 6 ans, qui vient pour la première fois dans un musée.
Ce musée sur roulettes a vu le jour il y a un an. « J'ai été frappée vers 6 ans par des peintures de Rembrandt et Botticelli dans un bibliobus, raconte Ingrid Brochard, une collectionneuse à l'origine du MuMo. C'est pourquoi j'avais envie de partager ce projet avec des enfants de primaire éloignés de la culture. Après une première année où on s'est concentré sur l'exclusion géographique en sillonnant les campagnes, on s'intéresse à l'exclusion sociale dans les banlieues. » Et Isabelle de résumer :« Ça fait partie du projet d'aller à la rencontre d'enfants pour qui le musée reste un mystère… ou un gros mot. »