Saint-Ouen usine pour ne pas perdre la mémoire

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Saint-Ouen redécouvre son patrimoine industriel.
Bientôt, des bornes réalisées par le bureau du
patrimoine du conseil général de Seine-Saint-Denis baliseront un parcours piétonier entre les usines. Un
moyen de mettre en lumière l’histoire des docks, actuellement en pleine mutation et qui représentent un tiers de la superficie de cette ville communiste. Ainsi, Alstom, qui continue à produire à Saint-Ouen des turbos alternateurs, se sépare d’une partie de ces terrains, qui seront transformés en un nouveau
quartier. Le bureau du patrimoine a insisté, et une
partie de la halle sera conservée. A côté, l’usine de la
Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU)
ressemble à un grand Lego coloré. Certains espaces ont été reconvertis en lieux de culte ou en bureaux. « On a conscience des enjeux économiques, on ne veut pas préserver pour préserver », insiste Antoine Furio, du bureau du patrimoine. Dans la ville voisine de Clichy- la-Garenne, la « requalification urbaine » est allée plus vite. Les salariés de Nokia, Danone et EDF sont installés dans des bureaux neufs. Mais un peu plus loin, un bâtiment en briques dont la toiture, composée de sheds, est remarquable, sera conservé. Pas facile de préserver un paysage que les villes veulent parfois oublier. «On a du mal à faire le deuil
des lieux de production et à les considérer comme du patrimoine », souligne Antoine Furio.

Sophie Caillat