Antennes-relais: Des ondes porteuses de divergences

TELEPHONIE Le Conseil de Paris adopte mardi une nouvelle charte pour encadrer les antennes-relais...

Oihana Gabriel

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Les antennes-relais, nécessaires aux communications via mobiles, sont placées sur les toits.
Les antennes-relais, nécessaires aux communications via mobiles, sont placées sur les toits. — CAPMAN/SIPA

Après des mois de négociations, le Conseil de Paris devrait adopter mardi une nouvelle charte sur la téléphonie mobile. Entre les quatre opérateurs qui veulent déployer le très haut débit – donc augmenter les seuils maximaux d'exposition – et les craintes sanitaires des Parisiens, la Mairie a tenté de trouver un accord d'équilibriste.

Des seuils baissés

«Paris aura le seuil le plus bas de France, avec entre 5 à 7 volts par mètre, bien en dessous des 41 V/m que permet la loi», se félicite Mao Péninou (PS), adjoint au maire de Paris. Ce seuil peut donner des arguments pour limiter l'exposition ailleurs.» En clair, les seuils d'exposition baissent de 20 % à Paris. Autre fierté: une meilleure transparence, puisque des mesures seront effectuées sur les 1.200 établissements sensibles de Paris (crèches, écoles…) tous les trois ans et les internautes pourront consulter la carte des installations des antennes. Cette nouvelle charte, présentée comme une avancée par la Mairie, affiche pourtant une limite très supérieure à celle souhaités par les Parisiens consultés et visée par le Conseil de Paris… de 0,6 V/m.

Mais le véritable point noir de l'accord, selon certaines associations, concerne la 4G. En effet, cette charte permet le lancement des antennes de quatrième génération. «Nous demandons un moratoire sur le déploiement de la 4G afin de réaliser des études d'impact sanitaire sur cette technologie pour éviter de prendre la population comme cobaye, s'insurge Etienne Cendrier, porte-parole de Robins des toits, une association qui alerte sur les dangers des ondes. Paris est déjà très bien maillé. La 4G, comme la 3G et la 2G, est, selon l'Organisation mondiale de la santé, classée comme possiblement cancérigène. Cette charte était l'occasion pour la Mairie d'exiger une technologie propre.» Mais associations comme politiques sont d'accord sur un point: si les opérateurs acceptaient d'avoir un réseau unique d'antennes-relais, l'exposition subie par les riverains serait plus facile à minimiser.