Lumière sur un parcours de nuit« Avec les belvédères, c'est la ville qui est l'œuvre d'art »

Oihana Gabriel
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Danse nomade d'agents de la Mairie de Paris, vidéo et électro dans une gare et panorama depuis le 24e étage de Jussieu, l'anniversaire des 10 ans de Nuit blanche s'annonce extravagant. Balade le long des créations.

Danse d'amateurs. Parmi les projets nomades, Julie Desprairie fait danser 200 agents de la Mairie. Par groupe de quatre, ils esquisseront des pas en ligne pendant dix minutes toutes les heures.
Savoirs pour tous. Cette édition voit l'émergence d'une Nuit des savoirs, ces conférences aussi variées qu'originales où l'on parlera du blanc au Palais de Tokyo et de l'imaginaire avec Edgar Morin à la Fondation Ricard.
Belvédères. Cette édition propose de prendre de la hauteur et d'admirer le panorama parisien, avec une dizaine de tours et lieux culturels qui ouvriront des étages supérieurs.
Movie around the clock. Star des projets, The Clock, présentée à Chaillot de samedi 18 h à dimanche 18 h. Cette horloge cinématographique de Christian Marclay indique l'heure en temps réel à travers des plans de réveils ou montres.
La ville en mutation. Le Paris moderne sera mis en lumière avec des sculptures suspendues sur le chantier des Halles, une installation lumineuse sur le toit de la Samaritaine en travaux et des fumées colorées qui sortent d'une usine à Vitry.
Performance musicale. Délicieuse prouesse que celle de Nicolas Horvath au collège des Bernardins qui jouera pendant six heures l'intégrale de Philip Glass, compositeur américain. Plus dansant, la verrière de la gare d'Austerlitz bourdonnera avec les performances visuelles de l'artiste contemporaine Tania Mouraud et du musicien électro Chapelier Fou. « Je me sens un peu des affinités avec les plasticiens car je suis, moi aussi, dans la recherche de forme qui puisse toucher le public et faire sens », souligne Chapelier Fou.Nommé à la tête du Centre Pompidou de Metz en 2010, Laurent Le Bon pilote cette édition de Nuit blanche. Ses leitmotivs : fluidité, point de vue et jeunesse. « L'originalité, cette année, réside dans la localisation : contrairement aux autres éditions, où il fallait se déplacer d'un quartier à l'autre, je voulais une continuité. La Seine, transformée en terrain de parcours fluide, s'est imposée comme une évidence. Grâce à la densité des propositions, une tous les 100 m environ, il ne devrait pas y avoir trop de queue. L'autre innovation, ce sont les belvédères, pour la première et sans doute unique fois ouverts au public. Là, c'est la ville qui est l'œuvre d'art puisqu'ils offrent un point de vue différent sur Paris. Il n'y a pas de ligne esthétique, l'objectif de cette manifestation, qui n'est ni la Nuit des musées, ni les Journées du patrimoine, reste de célébrer la création. J'ai fait attention à inviter autant d'artistes confirmés que de jeunes comme Chapelier Fou. D'ailleurs, c'est la première fois que l'Ecole des beaux-arts ouvre ses portes. »O. G.

Pratique

Certaines lignes de métro (la 1 et 14) resteront ouvertes jusqu'à 5 h 30 pour compléter le transport en Noctilien. Pour organiser son parcours, le public a accès au site (www.nuitblanche.paris.fr) et à l'application. Le soir même, trois points d'informations seront disponibles (voir l'infographie).