Un resto sur un plateau

Léa Chauvel-lévy

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Circuit fermé, avec ses volontaires pour déguster et en baver.
Circuit fermé, avec ses volontaires pour déguster et en baver. — Martin Argyroglo

Faire de l'art avec du comestible. En proposant au public de manger dans un musée, l'artiste Michel Blazy, 46 ans, fait revivre au Plateau les plus belles heures du Eat Art. Ce courant artistique né dans les années 1970 sous l'impulsion de l'artiste Daniel Spoerri à Dusseldorf s'est vite essoufflé, mais certains adeptes, comme Dorothé Selz et ses sculptures comestibles, réactualisent régulièrement cette démarche.

Dévoré par les moustiques
C'est le cas de ce parcours intitulé « Le Grand Restaurant », dont le plus bel exemple reste la pièce Circuit fermé. Sur réservation, les visiteurs peuvent déguster un carpaccio de bœuf, mais d'une manière un peu particulière… Les y attendent des moustiques élevés dans des bacs pour les piquer ! Sans diabolisme aucun, Blazy explique vouloir « mettre en présence l'homme qui mange la viande et le moustique qui le dévore en même temps, c'est ce cycle qui m'intéresse ».
Son « bar à oranges » allie aussi nourriture et art : on y presse son jus avant de déposer ses quartiers sur une sculpture étonnante, strates d'un orange vif et de champignons grisâtres formées par les quartiers accumulés et moisis. Michel Blazy, avec une douce ironie, interroge la façon dont nous digérons notre époque.

Pratique

Entrée libre. Jusqu'au 18 novembre. Au Plateau, place Hannah-Arendt, 19e. www.fracidf-leplateau.com.