Sarcelles: «La communauté juive va être sur la défensive»

FAITS DIVERS Un magasin casher de Sarcelles a été attaqué à l'explosif mercredi...

Oihana Gabriel

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Une personne, qui se trouvait dans cette boutique située dans un quartier juif, a été légèrement blessée mercredi.
Une personne, qui se trouvait dans cette boutique située dans un quartier juif, a été légèrement blessée mercredi. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Moi j'ai eu Israël au téléphone, ils sont déjà au courant», s'exclame Murielle dans sa boulangerie casher. Dans la galerie commerciale de Sarcelles (Val-d'Oise), mercredi, clients et commerçants avaient peu de doute sur le caractère antisémite de l'agression qui a eu lieu peu après 12h à Cash Cacher Naouri, une grosse épicerie de la galerie marchande. «Deux personnes portant une cagoule noire ont lancé un engin explosif et une grosse pierre sur la baie vitrée, raconte Alain Bensimon, président de la communauté juive de Garges-lès-Gonnesse, qui a accouru en apprenant la nouvelle. Une personne a été blessée par les éclats de verre. Depuis les attentats de Toulouse, il y a une présence policière plus importante autour des synagogues, des écoles. Mais si on doit commencer à protéger les commerces, ça devient compliqué…»

«Ce ne sont que des jeunes qui cherchent la provoquation»

Le quartier était encore bouclé mercredi en fin d'après-midi et la police judiciaire de Versailles, chargée de l'enquête, interrogeait les commerçants. «Il n'y a eu ni vol, ni injure, reprend Alain. C'est évident que la communauté juive de Sarcelles, la plus importante de France, va être sur la défensive pour les fêtes.» Car à quelques jours de Kippour, qui débute mardi, les achats se multiplient. Dans un climat de défiance plus que de peur. Beaucoup disent qu'ils feront attention en allant à la synagogue. «Ce ne sont que des jeunes qui cherchent la provoquation, nuance Jean-Pierre. Il y a une bonne entente entre les communautés ici. On va acheter chez les musulmans et eux chez nous.» Personne ne va jusqu'à assurer que cette agression est liée aux manifestations contre le film anti-islam et à la une contreversée de Charlie Hebdo. «C'est une bonne excuse pour nous taper dessus, raille Murielle, qui refuse l'amalgame. Cette année, on va demander la paix avant la santé dans nos prières.»