Femen: Le féminisme porté aux nues

INITIATIVE Femen a inauguré mardi un camp d’entrainement à Paris...

Julien Ménielle
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Les féministes du collectif Femen ont manifesté seins nus mardi dans le quartier de Château-rouge, à Paris (18e).
Les féministes du collectif Femen ont manifesté seins nus mardi dans le quartier de Château-rouge, à Paris (18e). —

«Go, undress and win!» Les féministes ukrainiennes de Femen ont battu le pavé parisien mardi matin. Un cortège de femmes aux seins nus a rallié la rue Léon depuis la station Château-Rouge sous les regards incrédules des habitants de ce quartier du 18e. «C'est la première et dernière fois qu'on défile», a prévenu Inna Shevchenko, figure emblématique du mouvement, réfugiée à Paris après son dernier coup d'éclat à Kiev.

Mais la journée est particulière. Les «sextrémistes», comme elles se décrivent, inaugurent leur camp d'entraînement international, hébergé dans les locaux du Lavoir moderne parisien, lieu de création artistique menacé de fermeture. «Cet endroit est celui où un nouveau féminisme va naître», annonce Inna dans les locaux exigus où sont rassemblés membres historiques et jeunes recrues.

«Nous combattons toujours nos ennemis face à face»

«Nous faisons des choses un peu folles, raconte sa consœur Alexandra Shevchenko. Il y aura des entraînements physiques, nous devons être préparées à faire face aux policiers.» Sprints, pompes, sports de combat, mais aussi «une formation psychologique, de résistance au stress», ajoute Julia, jeune Française désireuse d'être instruite.

«Se situer dans un quartier sensible était important», estime-t-elle. «Nous combattons le business sexuel, la dictature masculine et la religion», renchérit Inna. Mais les Femen l'assurent, elles n'ont pas peur d'affirmer leurs positions tranchées à deux pas de la mosquée de la rue Myrha, dans cette partie de Paris où la prostitution a pignon sur rue. «C'est notre stratégie. Nous combattons toujours nos ennemis face à face», explique Inna. En attendant la première action de leurs recrues, les formatrices vont se mettre au travail. Seules quelques Françaises sont présentes, mais les activistes affirment recevoir des appels du Brésil ou des Pays-Bas. «Et les femmes des pays arabes feront bientôt partie de notre mouvement», prophétise Marina, responsable française.