Noël à Lille : Quand offrir des jouets de seconde main n’est plus synonyme de radinerie

CADEAUX ECOLO A Roubaix, l’Atelier du jouet récupère, reconditionne et revend des jouets d’occasion dans le cadre de sa politique de réinsertion de personnes éloignées de l’emploi. Pour les fêtes de Noël, une boutique éphémère a été installée dans le centre commercial Westfield Euralille

Mikaël Libert
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La boutique éphémère de l'Atelier du jouet, à Euralille.
La boutique éphémère de l'Atelier du jouet, à Euralille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Une association de réinsertion s’est lancée sur le créneau du jouet de seconde main.
  • Pour les fêtes de fin d’année, l’Atelier du jouet a pu ouvrir une boutique éphémère dans le centre commercial Euralille.
  • Outre des prix très avantageux, acheter des jouets d’occasion limite l’impact environnemental de Noël.

Sauvez la planète, soyez radin. En ces fêtes de fin d’année, des millions d’enfants se verront offrir des tas de jouets. Tant mieux pour eux d’ailleurs. Sauf que la plupart de ces cadeaux termineront oubliés au fond d’un placard après avoir servi pendant un temps plus ou moins court. Du coup, à l’heure où il est devenu plus qu’urgent  d’économiser les ressources de la planète, n’est pas une hérésie d’acheter du neuf ? Dans la boutique éphémère de l’Atelier du Jouet, installée dans le centre commercial Euralille à  Lille, les clients n’ont plus de scrupules à se tourner vers les jouets de seconde main pour faire leurs  cadeaux de Noël.

L’Atelier du jouet est une émanation de l’association roubaisienne ARI (Atelier chantier réinsertion) qui œuvre, comme son nom l’indique, à la réinsertion des personnes éloignées de l’emploi. L’asso s’est diversifiée dans le créneau du jouet de réemploi début 2021. « A l’époque, nous étions encore confinés et il a donc fallu faire avec les seules structures ouvertes pour commencer les collectes, à savoir les crèches, les écoles et les centres sociaux », explique Guillaume Doye, chargé du projet Atelier du jouet. L’asso a ensuite étendu son réseau en organisant notamment des collectes dans les quartiers. A ce jour, elle compte 13 points de collecte permanents.

« Beaucoup de clients entrent en pensant que nous vendons du neuf »

Encadrées par des salariés de l’asso, sept personnes en réinsertion trient, nettoient et reconditionnent les jouets qui seront ensuite revendus pour faire tourner la structure. « C’est très valorisant pour ces personnes parce qu’elles ne sont pas cantonnées à une seule tâche, elles participent à tout le processus », poursuit le chargé de projet. Y compris à la vente dans la cellule commerciale mise à disposition (presque) gracieusement par le centre Euralille. Et l’endroit n’a rien d’une bourse aux jouets. « Beaucoup de clients entrent en pensant que nous vendons du neuf », s’amuse Guillaume Doye. En effet, les objets vendus sont propres, mis en valeur et l’agencement de l’ancienne bijouterie donne envie de rentrer.

Selon le salarié de l’asso, les clients se répartissent à parts égales en trois catégories. « Ceux qui ont soit une logique économique, soit une logique écologique ou ceux qui flashent sur un objet », assure-t-il. « Offrir un jouet d’occasion ne me pose pas de problème. Chez nous, c’est l’esprit de Noël qui compte, pas le prix », insiste Neiva, une Tourquennoise qui vient d’acheter un livre pour sa petite-nièce. Pourtant, l’argument du prix n’est pas le moindre. Ce que Guillaume Doye appelle une belle vente, c’est un jouet à 7 ou 8 euros. « On ne dépasse jamais la moitié du prix du neuf, voire moins en fonction du marché de l’occasion sur les sites spécialisés. »

De toute façon, le but n’est pas de dégager du bénéfice mais de trouver un équilibre. Pour sa boutique éphémère, l’Atelier du jouet espère atteindre 10.000 euros de chiffre d’affaires en décembre, ce qui lui permettrait de ne pas perdre d’argent. Pour faire de beaux cadeaux et de bonnes affaires, ce n’est pas trop tard puisque le magasin sera ouvert jusqu’à la fin du mois.