Deux Français sont partis vivre près du village du père Noël en Laponie

GRAND NORD Un couple de Français originaires de Marseille est parti vivre en Laponie finlandaise, juste à côté du village du père Noël…

Antoine Magallon

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Un couple de Français a décidé de s'installer en Laponie finlandaise pour se rapprocher du village du père Noël.
Un couple de Français a décidé de s'installer en Laponie finlandaise pour se rapprocher du village du père Noël. — Alice Meteignier
  • Stéphane, Nathalie et leurs deux enfants vivent près de Rovaniemi, en Laponie finlandaise, le village officiel du père Noël.
  • Ce couple de Marseillais organise des excursions avec des chiens de traîneau.
  • Si les températures peuvent atteindre -30 °C, les aurores boréales illuminent les Noëls lapons.

Connaissez-vous la ville de Rovaniemi, en Laponie finlandaise ? C’est d’abord un climat, que nous qualifierons d’hostile, avec 180 jours de neige par an et une température moyenne annuelle de 0,2 °C. Une bourgade proche du cercle polaire, à l’histoire aussi ancienne que douloureuse. Si le site est habité depuis l’âge de pierre, 90 % de ses bâtiments furent brûlés lors de la Seconde Guerre mondiale.

Mais si nous vous parlons de Rovaniemi, c’est que cette commune de 60 000 habitants est vendue internationalement comme « la ville officielle du père Noël ». Il s’agirait de son lieu de naissance et de travail, puisqu’il y a installé, en 1985, son « bureau ».

De Marseille à Vanttauskoski

C’est à 57 km de ce joyeux bazar, dans le village de Vanttauskoski, que des Français ont décidé, il y a huit ans, de poser leurs bagages. Il s’agit de Stéphane, Nathalie et de leurs deux enfants. Pour quoi faire, me direz-vous ? Devenir musher. Un métier qui consiste à élever des chiens et à organiser des excursions en traîneau à travers la taïga.

« Etant tout deux originaires de Marseille, sommes-nous devenus les Marseillais les plus septentrionaux du monde ? » écrivaient-ils sur le blog peu de temps après leur arrivée. Si nous n’avons pas pris le soin de vérifier cette affirmation, nous avons pris le temps de les contacter afin de comprendre comment se passent la vie, et les fêtes de Noël, au pays du barbu distributeur de cadeaux. « Le tourisme grandit d’année en année à Rovaniemi (selon le site de l’office du tourisme local, 500 000 personnes passent chaque année). Le public est plutôt familial, la ville reste donc assez calme, très sûre et agréable à vivre », décrit Nathalie.

Nuits polaires et aurores boréales

Notre interlocutrice se consacre à ses 47 huskies de Sibérie, malamute d’Alaska, chien-loup Tchécoslovaque et autres Alaskan Husky. « J’entraîne les chiens toute l’année, écrit-elle sur son blog. L’hiver, ils courent en moyenne de 20 à 40 km par jour ; l’été, entre 6 et 30 km. »

Mais entre la période des nuits polaires, appelée Kaamos, et les aurores boréales, le Noël lapon ne ressemble à aucun autre. « Nous sommes certains de passer les fêtes sous la neige. Il fait jour de 10 heures à 15 heures et les températures se situent entre zéro et -30 °C. C’est très reposant et silencieux. La neige étouffe les bruits et renvoie la lumière des décorations. » Pour le réveillon, les Finlandais se réunissent en famille, autour d’un civet d’élan, d’un jambon rôti au four, « le plat le plus courant ici », ou d’un poronkäristys (sauté de renne) : « de fines lamelles de viande cuisinées un peu comme en civet, mais sans vin, et servies avec de la purée et des airelles rouges ».

Noël à la bougie

De leur côté, nos Français passent les fêtes avec des clients (Nathalie et Stéphane organisent des séjours multi-activités pour les touristes). « Lors de notre second Noël nous sommes allés dans une cabane au milieu d’un parc naturel, sans eau ni électricité, éclairés à la bougie et chauffés au feu de bois, c’était magique ! »

Ils profitent aussi des traditions locales : « Les voisins nous offrent des pâtisseries maison et des chaussettes en laine tricotées main. Une fois, une personne âgée que nous connaissions à peine et qui habitait le village voisin, nous a apporté une saucisse. » De là à imaginer ce généreux voisin avec une barbe blanche et un manteau rouge, il n’y a qu’un pas.