Les doublages et sous-titres rédigés sont destinés à être lus par des acteurs.
Les doublages et sous-titres rédigés sont destinés à être lus par des acteurs. — A. SELVI / ANP

Nice

À la fac pour devenir as du doublage et du sous-titrage

Enseignement supérieur L'une des trois formations est à Nice

Neuf heures dix sur le campus Carlone à Nice. Dans la salle 170 du bâtiment H, casques sur les oreilles et yeux rivés sur l'ordi, une douzaine d'étudiants studieux planche sur... des séries TV américaines. ça n'est pas du cinéma : tous sont étudiants en Master pro TSD, alias « traduction, sous-titrage, doublage ». Leur vocation ? Devenir auteur-adaptateur, ces plumes qui décryptent films et docu étrangers pour le public français. Une formation de niche en France. « Il n'en existe que deux autres, à Lille et Nanterre. Mais celle de Nice est la seule à aller au-delà de l'Anglais en travaillant aussi sur des oeuvres allemandes, espagnoles et italiennes », détaille Stefano Leoncini, enseignant-chercheur et directeur du Master TSD.
Mais ça n'est pas la seule spécificité de la formation niçoise. Ici, pas question de se contenter d'une traduction littérale qui colle à 100% au texte d'origine et à son articulation. « Il y a 5 ans, nous avons monté un labo pour travailler sur l'interprétation. Etre bon en langues* ne suffit pas, les étudiants doivent apprendre à lire dans les yeux des comédiens pour écrire un doublage ou des sous-titres qui retranscrivent au mieux la pensée du personnage », détaille Jean-Louis Sarthou. Intervenant-phare du Master pro azuréen, c'est sur cette nuance que ce Parisien, qui a doublé six saisons de la série culte « X-Files », a fait travailler les apprentis niçois au cours d'un séminaire la semaine dernière. « C'est cet aspect création qui est intéressant. ‘Good morning' ne va pas se traduire par ‘Bonjour'. Il faut être plus nuancé », souligne Frédéric, l'un d'entre eux. Un vrai travail d'auteur : chaque année, environ 10 000 oeuvres de doublage et de sous-titrages sont ainsi déposées, selon la Sacem. Les débouchés, eux, restent peu nombreux. En France, seules 300 personnes vivraient actuellement de ce métier.