À Nice, la gauche « savoure »

J. C. MAGNENET ET A. Selvi

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Après les résultats, les socialistes se sont retrouvés place Masséna. A l'UMP, certains prennaient des photos-souvenirs.
Après les résultats, les socialistes se sont retrouvés place Masséna. A l'UMP, certains prennaient des photos-souvenirs. — ANP / 20 MINUTES

Ils étaient là bien avant l'heure H. A Nice, ce dimanche, c'était l'affluence « des grands soirs » dans les petits locaux de la Fédération socialiste des Alpes-Maritimes. Il est 19h15 : dans les escaliers de l'entrée, on distribue des bracelets roses siglés « Le changement, c'est maintenant » pendant que chips et cacahuètes patientent sur le buffet de la salle principale... « Y a de l'impatience... ça monte. Mais tant qu'on ne voit pas le portrait de François Hollande s'afficher... », glisse une militante à 19 h 40, debout sur une chaise, les yeux rivés sur l'écran géant. Vingt minutes plus tard, la salle exulte, les flashs crépitent. « C'est une grande émotion ! En 1981, j'avais six ans. L'âge de ma fille aujourd'hui... » lance Xavier Garcia, porte-parole du PS 06. Sur le trottoir de la tranquille rue Biscarra, à quelques minutes à pied des locaux de l'UMP, on danse et on boit du champagne dans des gobelets en plastique.

« Ce soir, Masséna est à nous ! »
Une image peu banale dans le département le plus sarkozyste de France (lire ci-dessous). « C'est une joie immense » : entre une pile de tracts et d'affiches, Patrick Allemand, premier secrétaire du PS 06 savoure le moment. « La complexité, maintenant, c'est du côté de Christian Estrosi qu'elle se trouve. S'il veut faire avancer Nice, ce n'est plus vers Nicolas Sarkozy qu'il devra se tourner », note le représentant avant de grimper sur le camion sonorisé loué pour l'occasion. Direction la place Masséna. « Ce soir, elle est à nous ! » lance Patrick Allemand, suivi par une petite foule. « Ce n'est pas la victoire de la gauche, c'est celle de la démocratie, de la fraternité. On a lavé l'affront de 2002, même s'il n'est pas oublié », juge Michel, 66 ans. Il est 21 h 10. Le cortège arrive près du forum Jacques-Médecin. Plus d'un millier de personnes y est alors massé. Parmi elles, Mohammed, immigré tunisien, filme la scène, smartphone en main. « Je suis en France depuis 94, je travaille, j'aime ce pays. Ce soir, je suis fier qu'il ne soit plus gouverné par Sarkozy. »