« Le Festival n'a plus qu'un orteil dans la note bleue »

Recueilli par Aurélie Selvi

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« Depuis vingt ans, les émissions jazz sont diffusées de plus en plus tard à la télé et à la radio », constate Harry Lapp.
« Depuis vingt ans, les émissions jazz sont diffusées de plus en plus tard à la télé et à la radio », constate Harry Lapp. — A. SELVI / ANP

Fin du suspense pour les mélomanes. Ce jeudi, la capitale azuréennes a levé le voile sur l'édition 2012 du Nice Jazz Festival. Un cru qui flirtera avec la pop et même le rock (lire ci-dessous). Pour 20 Minutes, l'expérimenté Harry Lapp, qui rempile à la direction artistique, revient sur l'élaboration de cette programmation.

En 2011, votre nomination tardive vous avait laissé très peu de temps pour élaborer une programmation. Cette édition est-elle plus sereine ?
Bien sur. En 2011, j'ai commencé à travailler fin janvier. Je ne croyais franchement pas y arriver ! Pour cette édition, on s'y est mis en novembre, ce qui nous a permis de voir plus haut... Même si la concurrence, comme Les Nuits du Sud ou Jazz à Juan, était déjà en piste depuis septembre-octobre et qu'il a fallu jongler avec les dispo des artistes... et les prix.
Votre budget est-il suffisant ?
On dispose de 570 000 €, contre 500 000 € en 2011. C'est très correct. Le problème, c'est que les cachets se sont envolés et que certains festivals acceptent des choses déraisonnables. Nous voulions par exemple faire venir Sting, mais c'est devenu hors de prix.
La programmation s'ouvre à d'autres styles que le jazz. Un choix ?
Le jazz a une capacité de public limité. On l'a vu en 2011, où John Mc Laughlin, par exemple, n'a pas autant attiré que Seal. Sur la scène Masséna, on a choisi d'ouvrir à d'autres styles, comme la pop, tout en gardant une exigence de qualité dans la ligne. Mais c'est vrai, le festival n'a plus qu'un orteil dans la note bleue...
C'est un regret ?
Non, c'est plutôt un constat. Les jeunes connaissent moins le jazz, en grande partie à cause d'un désintérêt des médias radio et télé depuis vingt ans. Si Take five [classique jazz des années 50] était sorti aujourd'hui, ce ne serait pas devenu un tube...