« Panda 06 a appris en se plantant »

Recueilli par A. SELVI

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« La Côte d'Azur a du retard à rattraper au niveau concerts et vie nocturne. »
« La Côte d'Azur a du retard à rattraper au niveau concerts et vie nocturne. » — A. SELVI / ANP / 20 MINUTES

Réunir 56 000 fanas d'électro sur une plage de la bling-bling Croisette. Monter un festival hybride à Nice en y attirant Charlotte Gainsbourg et le phénomène Métronomy (lire ci-dessous). Promouvoir les talents locaux et le son alternatif. Du haut de ses 8 ans, l'asso culturelle niçoise Panda 06 cultive le goût du risque et de la découverte. « Ici, ça bouillonne d'idées », dixit Ben Géli, son fondateur.

Comment est né Panda 06 ?
C'était en août 2004 à Nice, dans le milieu alternatif-étudiant. A l'époque, on avait tous de petites assos, on montait déjà des soirées, au foyer de la fac de lettres entre autres. L'idée de base de Panda, c'était de jouer des musiques qu'on n'entendait pas ici : de la techno, du hip-hop underground… On ne pensait pas se professionnaliser.

L'événement qui a tout changé, c'est Les Plages électroniques. Un cap ?
Complètement ! On est des autodidactes : avec Les Plages, auto-financées à 90 %, on a tout appris… en se plantant, d'abord. En 2006, à cause d'un problème technique, on a fait 400 personnes sur la 1re soirée, en perdant 7 000€. Et puis on y est allé petit à petit. La réussite populaire [56 000 entrées en 2011] a été un vrai tremplin.
A Nice, le festival Crossover, remanié cette année, est une nouvelle prise de risque…
Oui, parce que c'est un concept particulier, auquel on croit : un festival sur plusieurs lieux en partenariat avec d'autres assos culturelles. ça résume l'esprit Panda : arriver à fédérer pour créer une nouvelle énergie. Le but, c'est de faire de Crossover une signature niçoise, avec des têtes d'affiches internationales, comme Métronomy ou Gainsbourg cette année, mais aussi de talents locaux. Et pourquoi pas le faire monter sur la colline du Château dès 2013.
Quelle est la difficulté n° 1 pour une asso culturelle ?
C'est le financement. Depuis quelques années, Panda s'est professionnalisée et bosse avec les institutions. Mais les subventions représentent 15 % de notre budget. L'objectif, c'est de rester en vie.